Vendredi 15 juillet 2011 5 15 /07 /Juil /2011 18:27

boussole"La France est en passe de manquer le virage du numérique, et le retard qu’elle prend aujourd’hui risque de  s’avérer rapidement irréversible."

 

"Après avoir été en avance sur le haut débit, fixe et mobile,  notre pays marque le pas et peine à relever le défi du très haut débit, qui conditionnera pour  les décennies à venir la croissance de ses entreprises et le bien-être de sa population."

 

Mais quel est donc le lanceur d'alertes qui exprime en des termes aussi virulents le fait que le véhicule "France" soit au bord de la sortie de route, n'ayant su aborder le virage du très haut débit avec la vitesse et la détermination qui lui permettraient d'éviter "un inéluctable déclin"? Un Sénateur, Hervé Maurey, dont le rapport d'information daté du 12 Juillet dernier exprime avec force et conviction le manque de cohérence de l'action gouvernementale depuis quelques années dans le domaine du numérique. Disparition du secrétaire d'Etat en charge de ce domaine, non suivi des orientations d'Octobre 2010 (notamment s'agissant de l'abondement du Fonds d'Aménagement Numérique des Territoires), manque d'ambition et de stratégie d'excellence nationale dans ces infrastructures de pointe.

 

walledgardenC'est en ces mêmes termes que plusieurs représentants de l'industrie ont exposé leur point de vue à Bruxelles mercredi dernier. Le déploiement du très haut débit est en retard par-rapport aux objectifs posés dans "l'agenda numérique 2020" de la Commission. "L'Europe a besoin d'entreprises saines, désireuses et capables d'investir. Les acteurs qui ajoutent de la valeur devraient être encouragés par des mesures incitatives adaptées", peut-on lire dans le document remis à Neelie Kroes par le groupe de travail piloté par Vivendi, Deutsche Telekom et Alcatel-Lucent.

 

L'enjeu de ces débats est passionnant. L'Etat doit répondre au défi des milliards d'euros d'investissement à venir dans le très haut débit de manière stratégique, et s'assurer d'une régulation qui puisse satisfaire à la fois les entreprises, les collectivités locales et les utilisateurs. Et les acteurs privés doivent faire preuve d'innovation pour garder leur place dans la chaîne de valeur des technologies de l'information depuis qu'une nouvelle bataille fait rage entre les acteurs de l'Internet et les opérateurs de réseaux, les seconds reprochant aux premiers d'utiliser leurs infrastructures sans contribuer à leur construction ou à leur maintenance.  

 

droit à l'oubliOr c'est au franchissement d'un autre virage que nous assistons; l'affrontement entre opérateurs et grands fournisseurs de services laisse place à l'émergence de nouvelles alliances stratégiques qui vont contribuer à changer certains modèles économiques et, espérons-le, accelérer l'investissement dans le très haut débit. Stéphane Richard le faisait remarquer au Forum des Telecoms et du Net organisé par les Echos: "j'ai évolué sur le sujet des relations avec les géants de l'internt; d'un affrontement frontal, nous passons aujourd'hui à un mode de partenariat prometteur". Le plus probable est que ces partenariats aboutiront à des offres de services premiums, à ces classes de première, business et éco qui sont notre quotidien dans l'industrie des transports. Rien de nouveau à cela depuis que Verizon et Google avait déjà émis des propositions claires à ce sujet, il y a un peu moins d'un an. Il semble aujourd'hui que ce type d'accord soit en passe de se propager en Europe, à condition que les règles de la neutralité de l'internet ne soient pas trop restrictives.

 

Libérer l'investissement privé, permettre à de nouveaux marchés de se créer sans pour autant priver l'utilisateur final de sa liberté d'internaute et de l'accès à tous les contenus: la réponse au cri d'alarme du Sénateur Maurey se trouve aussi dans ce délicat imbroglio réglementaire, car l'Etat à lui seul ne parviendra pas à mobiliser les capitaux nécessaires à la couverture de ses territoires. Il faut impérativement lier les 33 propositions du rapport d'information au cadre plus général, européen celui-là, d'une plus grande liberté donnée aux usages intelligents des réseaux et à leur monétisation, dans le strict respect de la concurrence et des utilisateurs.

 

"La fibre optique et la 4G, soit les deux technologies qui devraient porter  demain la majorité des données numériques, en accès fixe et mobile, n’en sont qu’à leurs balbutiements", écrit encore fort justement le Sénateur Maurey. Pour que la France porte haut l'excellence industrielle historique dans le domaine des télécommunications, et double ses concurrents dans la ligne droite qui succédera au virage difficile d'aujourd'hui, il faut un Etat chef d'orchestre de long-terme, et une industrie forte qui trouve un équilibre entre nouveaux services à valeur ajoutée et objectifs d'aménagement du territoire.

 

 

Par France 2.0 - Publié dans : Numérique et administrations
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Samedi 23 avril 2011 6 23 /04 /Avr /2011 13:20

antenne Ca y est! Enfin, l'ARCEP (l'Autorité de régulation des communications électroniques et des postes) et le gouvernement ont indiqué qu'ils finalisaient les conditions d'attribution des précieuses fréquences qui serviront à la mise en place du très haut débit mobile en France. L'appel d'offre sera lancé en mai, et l'attribution effective d'ici la fin d'année, ce qui signifie que les fonds débloqués par les opérateurs lauréats le seront aussi fin 2011. Les débats acharnés entre les tenants de l'aménagement du territoire, préférant des conditions de déploiement plus contraintes au risque de voir baisser les prix d'attribution, et les tenants d'enchères libres qui prônent un produit financier maximal pour renflouer le budget de l'Etat, seraient-ils tranchés? Comment s'y retrouver dans ce feuilleton aux rebondissements nombreux, alors que plusieurs pays, Etats-Unis, Suède, Allemagne, pour ne citer que ceux-là, ont déjà attribué des licences et lancé des services commerciaux performants? 

 

Un sujet-clé semble mis à l'écart des commentaires sur ce dossier. Si le produit des licences fait la une des manchettes comme enjeu principal des débats, la destination des fonds n'est quasiment jamais évoquée, alors que celle-ci est assez fondamentale pour mieux comprendre la situation. A qui profiteront donc les recettes des licences?

 

  • - A l'armée. Oui, par décision du Président de la République. Il faut expliquer que ces licences étaient préalablement utilisées par l'armée pour les systèmes "Félin" et "Rubis", et que celle-ci a du trouver des systèmes de remplacement et prévoir le déménagement des infrastructures sans perdre ses capacités d'action. Voici ce qu'en dit le général Puget interrogé par la commission des finances de l'Assemblée en Avril 2010: " En mars 2008, une réunion interministérielle a acté que les déménagements seraient payés par les opérateurs. Ensuite, le Président de la République lui-même a annoncé des ressources exceptionnelles pour financer la loi de programmation militaire. Pour ce qui me concerne, il s’agit de la vente des fréquences."

 

 

budget-defense.jpg

 

  • - L'armée inclut donc dans son budget triennal 2011-2013 des recettes exceptionnelles dont une partie seulement proviendra des licences hertziennes, et une autre des ventes d'actifs immobiliers, au total pour plus de trois milliards d'euros en trois ans. Or, bien que les prix de l'immobilier de l'Ile de France soient au plus haut, et que la plupart des cessions prévues concernent des biens parisiens, un rapport parlementaire de 2010 s'inquiétait déjà de "l'échec de l'opération Vauban", et donc de retard pris dans le calendrier de la part immobilière des recettes exceptionnelles.  "L'objectif de produits de cession immobilière est fixé à 400 millions pour 2011", a néanmoins détaillé le ministre du Budget dans une communication en Conseil des ministres. Le produit des licences hertziennes doit donc impérativement arriver en 2011 pour ne pas voir le déficit se creuser, ce qui explique la pression mise sur le calendrier; dès lors, la récente proposition de Xavier Niel de repousser la date de l'appel d'offre a peu de chances d'aboutir.

 

 

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      © Meigneux / Sipa

 

  • - L'armée prévoit trois milliards de ressources exceptionnelles sur trois ans, dont les deux-tiers provenant du produit des enchères sur les fréquences hertziennes. Or une analyse des prix de certaines cessions réalisées dans des pays voisins, notamment en Allemagne, permet d'envisager non pas deux, mais bien environ quatre milliards d'euros dans des conditions à peu près équivalentes, avec quatre opérateurs en lice et un prix atteint de l'ordre de 73 centimes/MHz/habitant pour les fréquences dans la bande du très prisé dividende numérique (790-862 MHz); cette valeur atteinte en France permettrait d'obtenir 2.7 milliards d'euros uniquement pour cette bande. Si on y ajoute la bande 2.6 GHz également proposée, un calcul similaire sur la base des enchères allemande permet d'envisager au total près de trois milliards d'euros pour le budget de la défense, soit un milliard de plus que ce qui est budgété. Ceci permettrait d'éponger les frais d'essence en forte hausse, les frais d'opérations extérieures sur plusieurs fronts et le retard des cessions immobilières. Un soulagement évident pour le Gérard Longuet confronté depuis le début de son mandat à une situation budgétaire délicate

 

  • - N'oublions pas, dans cette analyse, les autres bénéficiaires indirects de ces enchères! L'ARCEP vient en effet de confirmer que les infrastructures du haut débit mobile interfèreront avec les dispositifs de réception de la TNT pour 150 000 à 500 000 foyers. Ces derniers bénéficieront d'une aide financière pour la mise en place de systèmes de réception de télévision par satellite.

 

Quelle conclusion tirer de cette analyse? Certainement que les négociations en cours pour finaliser les conditions d'attribution des licences 4G ne doivent pas être simples; d'un côté la loi Pintat demande clairement que les fréquences du très haut débit mobile soient attribuées dans un cadre d'aménagement des zones moins denses, pour éviter une nouvelle fracture numérique. De l'autre, le budget de l'Etat, et plus précisément celui de la Défense, exige de valoriser les actifs de l'Etat au maximum de leur valeur. Pour finir, ce débat a lieu dans un calendrier très serré pour obtenir le déblocage des fonds avant la fin de l'année...Pas facile, dans ce contexte, d'organiser l'appel d'offre. Rendons hommage aux équipes de l'ARCEP qui, du dossier de la fibre optique à celui du très haut débit mobile, marchent sur des oeufs.

 


Par France 2.0 - Publié dans : Numérique et administrations
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Samedi 29 janvier 2011 6 29 /01 /Jan /2011 16:41

Brueghel-tower-of-babel.jpg Que peut bien venir faire l'histoire de la tour de Babel dans un blog dédié aux nouvelles technologies de l'information? Cela vient tout simplement d'une constatation: l'évolution technologique tend à répondre aux conséquences symboliques de la construction de la tour. Pour contrecarrer le projet des hommes, il est écrit dans le livre de la Genèse de la Bible que "c'est là que Dieu confondit le langage de tous les habitants de la terre et c'est là qu'Il les dispersa sur toute la face de la terre": l'éloignement géographique, et l'incompréhension entre les peuples succèdent à la proximité et au langage unique originel.

 

Il faut se rappeler que cette histoire de la Tour de Babel fait partie de la section de la Bible qu'on appelle la préhistoire ou le cycle des origines (les onze premiers versets du livre de la Genèse), une section de la Bible qui ne prétend pas être historique ni scientifique. Ces textes évoquent de manière symbolique le passé, le présent et l'avenir des êtres humains. Parlons du passé: l'exploration géographique et la démocratisation des transports ont permis de rapprocher les peuples, et on ne compte plus les tentatives de trouver un langage universel pour mieux se comprendre, comme la création de l'esperanto à la fin du XIXème siècle. Aujourd'hui, si les distances et les langues restent un barrière comme tout voyageur fréquent le ressent, les technologies de communication jouent un rôle de plus en plus grand dans le rapprochement entre les hommes; l'instantanéité de la mise en relation, où que l'on soit, et la mise en place de communications vidéo réduit les distances plus sûrement que les avions, tant la qualité du son et des images rend presque perceptibles les émotions et la présence physique de l'interlocuteur. Pour s'en convaincre, il suffit de regarder la vidéo ci-dessous de la première interview journalistique d'une personne en vidéoconférence holographique...Depuis, on ne compte plus les conférences avec "invités virtuels" sur scène, pour des raisons d'empêchement géographique ou de sécurité.



 

Mieux encore, la technologie "cloud" et les milliers de serveurs prêts à faire fonctionner les applications mobiles les plus innovantes offrent un moyen de répondre au problème de la barrière des langues étrangères. Fidèles remplaçants des interprètes professionnels ou des dictionnaires en format poche, les téléphones mobiles peuvent aujourd'hui traduire nos paroles en quasi-simultané dans plusieurs langues. L'application Androïd Google translate est véritablement révolutionnaire, comme le montre la viéo (en anglais) ci-dessous:


 


  

Ainsi nous voyons bien par ces quelques exemples que l'homme est sur le point d'échapper à la punition symbolique de Babel, par des modes de communication sophistiqués dont on peut penser que la qualité de service et le réalisme ne feront que progresser dans les années à venir. Les débouchés de ces technologies sont gigantesques, tant au plan économique qu'au plan de l'entente et de la paix universelle.

 

Bien évidemment, tout ne sera pas résolu. La langue n'est qu'un des éléments des différences culturelles, et les machines auront fort à faire pour décoder les sens cachés et les non-dits. Par-ailleurs, un hologramme reste la représentation transformée d'une image réelle et ne pourra jamais remplacer l'être original, bien que des recherches aient lieu pour pouvoir toucher ces silhouettes virtuelles!

 

L'avenir offre néanmoins d'étonnantes perspectives, et la virtualisation de nos échanges et de nos voyages peut faire peur. Pourquoi aller à Tokyo soi-même quand on peut y envoyer son avatar vidéo? Pourquoi apprendre une langue difficile quand la traduction simultanée et irréprochable est à portée de main? Peut-être parce que rien ne remplace les relations humaines directes, et que l'apprentissage des subtilités d'une culture passe par l'apprentissage d'une langue. Bienfaits technologiques contre déshumanisation incontrôlée: il faudra faire des choix, au risque de construire une nouvelle tour, encore plus haute que la première.

 


Par France 2.0 - Publié dans : Prospective
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Vendredi 31 décembre 2010 5 31 /12 /Déc /2010 13:00

 

newyear11-hp.jpg Pour conclure cette année 2010, pourquoi ne pas se tourner vers une société devenue icône de l'innovation, et dont les solutions ne cessent de nous entourer et de nous rendre service? Google, pour ne pas la nommer, continue de nous fournir de nouvelles applications surprenantes au premier regard, mais dont ne nous pourront peut-être plus nous passer dans quelques mois.

 

Qui d'entre nous n'a pas utilisé Google Earth pour la première fois en se disant que c'était joliment fait mais plutôt accessoire? Et maintenant, qui de nous ne vérifie pas l'environnement de sa location de vacances en trois dimensions, pour constater d'éventuels vices cachés? Il se dit même que l'administration fiscale utilise l'outil à la recherche de signes extérieurs de richesses non déclarées dans les résidences secondaires...

 

En cette fin d'année 2010, Google continue de nous étonner. Prenons pour exemple le "Body Browser" qui doit faire les délices des étudiants en médecine; la vidéo ci-dessous en présente les principales caractéristiques. Qui sait...peut-être utiliserons-nous un jour prochain cet outil comme application de télémédecine? Nous serions scannés, virtuellement écorchés vifs par notre PC, pour mieux définir la source de nos maux avant intervention du médecin? Une piste à la réduction du trou de la sécu... 

 

 

 

 

Une autre vidéo de l'éditeur américain montre l'étonnante puissance des logiciels Google Docs; là aussi, il n'est pas loin le temps où nous sortirons du "cloud" tous les logiciels bureautiques dont nous aurons besoin. Le poids de l'habitude et de l'hégémonie nous fait encore préférer le modèle fort coûteux des licences, mais il est fort probable que leur temps soit compté. Outre la qualité de la prestation du trio de "compositeurs" de la présentation décrite, il est intéressant de voir les possibilités d'interaction et de création en commun de l'outil.

 

 

 

 

 

Une question passionnante demeure...Comment fait Google pour être sûr de la pertinence de ces nombreux produits, le plus souvent réalisés pendant ces fameux 20% de "temps de création libre" laissé aux Googlers pendant leur temps de travail? Plusieurs réponses à cela. D'abord, l'échec est inhérent au processus d'innovation: nous avons tous appris cela à l'école. le Nexus One en est un exemple récent.

 

Néanmoins, Google a mis en place un outil d'aide à la décision puissant, dont le principe s'appuie sur la théorie des marchés prédictifs. De quoi s'agit-il? Tout simplement d'utiliser le fait qu'on est plus intelligents à plusieurs, et que toutes les ressources de l'entreprise peuvent être mises à contribution pour accompagner et soutenir ses grandes orientations stratégiques. L'intelligence collective dépasse ainsi le simple cadre des quelques individus puissants qui entourent le PDG, et dont la connaissance des sujets de prospective est parfois incomplète ou subjective. 

 

Ainsi les Googlers sont-ils encouragés à investir sur des "marchés" dont la nature est la probabilité de réalisation d'évènements, comme le nom du prochain champion du Superbowl (un aspect ludique pour encourager les employés à venir tester le vote) ou, plus sérieusement, le nombre de nouveaux utilisateurs de Gmail dans les six prochains mois ou encore le succès d'un nouveau produit mis en ligne.

 

happened_by_predicted_all_weeks-706902.GIF La pertinence de ce système a été mise en lumière dès 2005, année ou les prédictions des employés ont été comparées aux occurences réelles des évènements. Le résultat, obtenu avec plus de mille employés votant sur 146 questions différentes, est tout à fait impressionnant; les "prix" de marché, qui correspondent en fait aux probabilités d'occurence des évènements testés, collent quasiment parfaitement avec la réalité effective! Bo Cogill s'en était fait l'écho sur le blog officiel de Google

 

 

 

Depuis, les techniques se sont affinées, les erreurs communes liées à la subjectivité ou aux idées reçues des intelligences collectives sont encore mieux corrigées. Qui n'a jamais rêvé de pouvoir prédire l'avenir? Quelle société ne voudrait-elle pas mieux anticiper les évolutions de son marché et de ses concurrents?

 

Adieu jeux de tarot ,boule de cristal et augures de toutes sortes; aujourd'hui l'avenir se lit grâce aux internautes. Pour preuve, Google et la CIA ont investi ensemble en 2009 dans la firme Recorded Future. Les marchés prédictifs sont une réalité à intégrer au plus vite dans les processus stratégiques des sociétés les mieux armées...pour 2011!

 

Très bonne année à tous, de la part du Blog France 2.0!

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Par France 2.0 - Publié dans : Prospective
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Dimanche 7 novembre 2010 7 07 /11 /Nov /2010 22:51

augmented reality-2 Trimestre après trimestre, les commentateurs s'interrogent sur l'avenir de l'industrie des télécommunications; certains jugent que nous sommes en ce moment arrivés à un point d'inflexion. En effet, dans la grande bataille (ou co-opétition) que se livre les grands acteurs que sont les opérateurs, les fournisseurs de service et les équipementiers pour s'approprier une partie plus ou moins grande de la chaîne de valeur, certaines périodes servent de révélateur à une nouvelle répartition du rapport de force. A ce titre, la période actuelle est très intéressante:

 

- du côté des équipementiers de réseaux, après une vague de consolidation, le passage de la crise et l'impact de la concurrence chinoise, les choses semblent se calmer un peu. Les résultats Q3 2010 montrent une croissance encourageante et des profits inattendus. Les acteurs chinois peinent désormais à dépasser 20% de croissance des revenus, et déçoivent; ils sont tenus en échec aux Etats-Unis, ce qui limite leur capacité d'expansion. Alcatel-Lucent1 et Nokia-Siemens, que l'on tenait pour mourants, résistent aux coups de boutoir de la concurrence et signent des contrats pharaoniques aux Etats-Unis.

 

boussole- du côté des opérateurs de réseaux, les nuages s'accumulent sur un marché plus complexe qu'avant. Non seulement faut-il investir massivement dans de nouveaux cycles technologiques à l'accès fixe et mobile, déployer de la fibre et introduire HSPA+/LTE (ces milliards d'euros seront plus difficiles à rentabiliser car les consommateurs renâclent à voir leurs forfaits augmenter), mais aussi la réglementation se fait-elle de plus en plus contraignante et coûteuse. Dans le même temps les usages sociaux et l'innovation des fabricants de terminaux provoquent l'augmentation exponentielle du trafic de données sur les réseaux dont une partie importante échappe aux opérateurs pour atterrir dans l'escarcelle des fournisseurs de services qui profitent de l'effet d'aubaine des autoroutes de l'information sans péages.

 

- oui, ce sont bien ces fournisseurs de services, ou fournisseurs OTT pour "over-the-top", qui créent une sorte de panique dans le pré carré des opérateurs traditionnels. Quand Apple et Google lancent leur propre version de la télévision sur internet, quand ils innovent à un rythme que les opérateurs ne parviennent pas à suivre, parlant même de s'affranchir des chaînes de distribution de ceux-ci en intégrant à la source des cartes SIM multi-opérateurs, il y a de quoi s'inquiéter. Les réponses par la mise en place du WAC (Wholesale Applications Community), par la menace de créer un système d'exploitation mobile nouveau, ou bien encore par un lobbying continu en vue de créer des droits d'utilisation des réseaux, dans un contexte où les entorses à la neutralité du réseau sont surveillées à la loupe, notamment en France.

 

La rapidité de transformation de cette industrie rend son étude particulièrement passionnante, et pourtant nous ne sommes encore qu'aux balbutiements de progrès technologiques que les exercices de prospective 2010-2020 permettent seulement d'imaginer. Rendez-vous dans dix ans!

 

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(1) l'auteur de ces lignes est salarié d'Alcatel-Lucent, société citée dans l'article. Il faut cependant préciser que ce blog n'exprime que des opinions personnelles qui n'engagent en aucun cas l'entreprise considérée. 


Par France 2.0 - Publié dans : Fournisseurs de service
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