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4 mai 2010 2 04 /05 /mai /2010 18:22

BundesnetzagenturAu bout de 130 tours, faisons le point sur les enchères outre-Rhin. Dans un premier billet nous faisions le pari que les fréquences du dividende numérique seraient les plus convoitées. En effet, sur près de trois milliards d'euros que les quatre opérateurs allemands s'engagent à payer au total à ce stade, plus des deux tiers concernent les six lots de 2x5 MHz. A l'inverse, les 160 MHz de spectre dans la bande 2.6 GHz n'intéressent les opérateurs qu'à hauteur de 200 millions d'euros. Les fréquences du dividende numérique sont donc valorisées plus de 30 fois plus que celles de la bande haute des 2.6 GHz, illustrant ainsi leur statut privilégié de "fréquences en or".

 

Cette différence notable d'intérêt entre les différentes bandes n'est pas propre au seul cas allemand: les enchères organisées aux Pays-bas ont également donné lieu à des montants décevants, les fréquences en 2.6 GHz n'atteignant qu'un montant total de...2.6 millions d'euros, avec pourtant cinq opérateurs en lice.

 

LTE-copie-1Une autre hypothèse se confirme également en Allemagne: aucun des opérateurs ne semble décidé à abandonner les fréquences du dividende numérique aux autres, et on se trouve pour l'instant dans une configuration de 2x10 MHz pour T-Mobil et Vodafone, quand E-Plus et O2 ne sont positionnés que sur 2x5 MHz. A moins d'une stratégie d'alliance à trois, peu probable, aucun opérateur ne disposera de canaux de 2x20 MHz qui permettraient pourtant de disposer des meilleures performances en 4G/LTE. Rappelons que si le débit moyen pourrait atteindre 5 à 15 Mbps par personne dans un réseau chargé et sur un canal de 20 MHz, il serait divisé par deux sur un canal de 10 MHz.

 

Ces premières conclusions sont certainement analysées de près par notre régulateur des télécoms en France, l'ARCEP, qui s'apprête à lancer une procédure d'attribution de ces fréquences à l'intention des opérateurs français. Faut-il favoriser les performances, et imposer la mise en place d'un consortium qui aurait la prééminence sur un canal non dissociable de 20 MHz dans le dividende numérique, permettant ainsi aux technologies hertziennes de contribuer à plein au développement du très haut débit dans notre pays ? Ou faut-il favoriser une distribution "à l'allemande", afin d'obtenir de la location de ces fréquences un montant financier optimum, de plusieurs milliards d'euros ? le gouvernement doit décider de l'usage des fonds obtenu; si le pactole est versé, comme pour la 3G, au Fonds de Réserve pour les Retraites, gageons que la seconde méthode aura la préférence de Bercy!

 

 

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