Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
27 septembre 2010 1 27 /09 /septembre /2010 17:05

Apple_Newton.jpgCet article, je ne l'écrit pas, je le dicte...et je me demande bien pourquoi les hommes se sont tant appliqués à améliorer les technologies d'écriture électronique; les claviers rétractables aux touches minuscules, les claviers virtuels encore plus mal pratiques...

 

Tout a commencé avec le Newton d'Apple en août 1993, dont l'algorithme de reconnaissance d'écriture manuscrite révolutionnaire incitait les usagers à s'entraîner de longues heures à griffonner sur l'écran des symboles cabalistiques, supposés ressembler aux lettres de l'alphabet romain. Abandonné en 1998, le Newton était pourtant un précurseur des Palm et autres agendas électroniques dont on disait fièrement qu'ils allaient remplacer le papier. Je me souviens en effet de quelques collègues qui avaient pris au mot cet axiome, et qui, par défi, tentaient de prendre toutes leurs notes sur un assistant électronique flambant neuf. Ils s'escrimaient, courbés sur leurs machines, pour finalement constater qu'ils étaient moins rapides et moins fiables que sur papier...

 

La technologie de reconnaissance vocale est née dans les années 1950, mais il a fallu attendre 1993 pour qu'une première société commercialise un logiciel de reconnaissance vocale compatible avec les cartes son du marché, sous Windows. En 1997, Bill Gates, fondateur de Microsoft prédisait que la reconnaissance vocale, dont il avait toujours pensé qu'elle révolutionnerait le monde de l'informatique, allait remplacer clavier et souris; il se trompait simplement de date. Pour lui, la généralisation de ce service serait achevé en 2010. Mais la mise en place a mis davantage de temps, et pour s'en convaincre il suffit de regarder cette vidéo d'une démonstration ratée de reconnaissance vocale sous Vista (un must!):

 

 

 

 

BillGates.jpgLa route a été bien longue, avant que les prédictions de Bill Gates commencent à pouvoir se réaliser. Cette utilisation fonctionnelle du langage pour la commande des objets intelligents et communicants, si naturelle aujourd'hui, est passée par des phases de stagnation du développement. Tant qu'il s'est agi de subir une phase d'apprentissage, le client n'a pas voulu de ces logiciels. La reconnaissance vocale se devait d'être immédiate et simple pour être adoptée par le grand public.

 

Le tournant technologique a eu lieu en 2009, en même temps que l'irruption massive sur le marché de téléphones intelligents et multi-fonctions, dont l'une des seules limites restait...le clavier trop petit. Le contrôle par la voix a bien progressé sous l'impulsion des GPS de voiture, et d'autres applications spécialisées, notamment militaires, nécessitant cette fonction. Puis est arrivé Google, et cette fois-ci c'est Eric Schmidt, son directeur général, qui s'est risqué au jeu des prédictions en février 2010. L'avenir de la reconnaissance vocale était alors tracé, non plus fondé sur la seule puissance des ordinateurs ou des téléphones, mais sur un échange entre ces terminaux et le Nuage, dont la puissance de traitement allait rendre la technologie parfaitement fiable. Ecoutons Eric Schmidt:

 

 

 

 

A partir de cette année charnière que fut 2010, les innovations se sont multipliées. La commande des ordinateurs et des téléphones par la voix, et la disparition des souris et claviers annoncée par Bill Gates ont progressé de manière spectaculaire. Plus personne ne tapait ses recherches sur Google, mais tout le monde susurrait à son ordinateur les mots et expressions qui allaient interroger les bases de données du moteur de recherche. De même, plus aucun adolescent n'utilisait ses pouces pour écrire des SMS ou des profils Twitter ou Facebook: l'application Dragon Dictation s'en chargeait bien plus facilement par la voix, ce qui eut d'ailleurs pour effet indirect de rétablir l'orthographe correcte des messages échangés! Enfin, la traduction simultanée des conversations en toutes les langues a permis de démultiplier les possibilités de communications vocales, ce qui a eu des effets incroyables sur la pacification du monde.

 

En parallèle, la recherche fondamentale sur la reconnaissance des pensées a rapidement débuté pour pallier le bruit provoqué par les usagers; le mode "silencieux" des ordinateurs qui avaient appris à lire sur les lèvres ne suffisant pas, il fallait encore aller plus loin et différencier les états psychiques correspondant à chaque pensée, grâce à l'électroencéphalographie. Je me souviens encore des débuts de cette science, et des premières démonstrations lors des présentations TED, comme l'atteste cette vidéo (que mes petits-enfants trouvent vraiment préhistorique):

 

 

 

 

Aujourd'hui, en 2020, pensées et voix ont remplacé l'action des mains et des doigts. J'utilise encore la reconnaissance vocale quand je suis seul, comme pour réaliser ce billet, car j'y trouve d'autres satisfactions que dans l'action psychique directe. Est-ce mon faible pour Flaubert et son épreuve du gueuloir? Peut-être bien...mais la comparaison s'arrête là: plumes d'oies, stylos et claviers ne font plus partie de mon quotidien.

 

Sources:

 

(1) Damien Leloup - « La reconnaissance vocale se démocratise » - lemonde.fr - 20 septembre 2010

(2) « Quand l'ordinateur lit sur les lèvres dans toutes les langues » - atelier.fr – 6 septembre 2010

(3) Duncan Graham-Rowe – « Turning thoughts into words » – technologyreview.com – 23 septembre 2010

Partager cet article

Repost 0
Published by France 2.0 - dans Prospective
commenter cet article

commentaires

SOSAndroid 01/10/2010 16:44


C'est une bonne avancée. Le progrès technologique est flagrant. Il faudra toutefois encore attendre l'étape suivante car un usage professionnel risque de créer un doux brouhaha contre productif
dans nos grandes entreprises organisées en openspace.


France 2.0 01/10/2010 17:17



Oui, c'est pourqui j'aime assez l'idée de la dictée silencieuse par lecture sur les lèvres (testée avec succès pour les sourds-muets, voir source N°2)...



Présentation

  • : France 2.0
  • : Un regard passionné sur l'évolution des technologies de l'information en France et à l'étranger. Les opinions exprimées sont strictement personnelles.
  • Contact

Recherche