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4 octobre 2010 1 04 /10 /octobre /2010 10:26

vague.jpgC'est une très grosse vague dont les opérateurs gravissent déjà la pente...Seulement ils n'en voient pas vraiment encore la crête, tant le coté exponentiel de l'augmentation du trafic de données sur leurs réseaux permet d'imaginer les pires scenarios d'engorgement, d'investissements massifs et de perte de rentabilité. Une récente étude de Rewheel vient donner un éclairage intéressant et promet aux opérateurs des moyens de garder une profitabilité semblable à celle qu'ils connaissent aujourd'hui. Le cadre de l'étude est celui d'un opérateur situé dans un grand pays d'Europe.

 

Rewheel chart1L'un des paramètres déterminants de l'étude concerne naturellement la transformation du marché sous l'effet des nouveaux objets communicants, et principalement des smartphones et PC (en attendant que bien d'autres objets de la vie courante s'y ajoutent d'ici 2020). Ici, grâce à l'attrait de ces nouveaux terminaux, l'opérateur témoin arrive a conserver une croissance non négligeable de son parc d'abonnements malgré une pénétration déjà supérieure à 100% des abonnements mobiles. C'est une excellente nouvelle du point de vue de l'augmentation annuelle des revenus, et cela préfigure la future source de croissance des opérateurs mobiles confrontés non plus à l'équipement des derniers réfractaires au portable mais bien à la multiplication des cartes SIM pour chaque abonné, humain ou machine. Ainsi en France, entre le deuxième trimestre 2009 et le deuxième trimestre 2010, le nombre de cartes SIM utilisées exclusivement pour internet (les fameux dongles USB) a cru deux foix plus vite que le par actif 3G (source: Observatoire Trimestriel de l'ARCEP, paragraphe 3.1.2).

 

Rewheel_chart2.jpgBien évidemment, la conséquence immédiate de la croissance du nombre de PC communicants et de smartphones est l'explosion du trafic dans les réseaux, principalement due à l'utilisation courante de la vidéo. La vague est exponentielle et menace les opérateurs n'ayant pas suffisamment anticipé son arrivée sur leurs réseaux. En effet, il est difficile voire impossible à ces opérateurs de modifier considérablement le niveau d'investissement d'une année sur l'autre, car l'impact sur les profits serait brutal et très mal vu notamment par les actionnaires. Or, certaines projections de Rewheel montrent que le ratio des investissements sur les ventes de l'opérateur devrait passer de 12% à plus de 30% si rien n'est fait pour optimiser les besoins en couverture et capacité des réseaux fixes (fibre optique) et mobiles (3G/HSPA et LTE). Une autre solution revient à retarder ces investissements et/ou brider les performances du réseau à un niveau tel que même les utilisateurs moyens le ressentent: dans ce cas, la rentabilité est fortement diminuée non pas par l'investissement ou l'exploitation mais pas la perte de revenus provoquée par une perte rapide de parts de marché. La situation est-elle donc désepérée? La perte de profitabilité est-elle inéluctable?

 

Non, répond Rewheel, dont l'argumentation repose sur l'évolution innovante des réseaux: l'utilisation de fréquences basses 800/900 MHz pour la 3G et le LTE, la modernisation de l'accès avec des stations de base multimodes, capables de changer de fréquence ou de technologie en minimisant les interventions sur site, et l'arrivée de technologies de grande capacité comme LTE et LTE advanced permettraient, à condition d'avoir également prévu la modernisation vers IP du réseau de transport, une optimisation importante des investissements: un facteur "vingt" d'augmentation de la charge des réseaux serait ainsi supporté sans perte significative de rentabilité; néanmoins, entre deux et trois points de bénéfices avant impôts et charges financières (EBIT) seraient tout de même à risque, et Rewheel suggère donc dans son modèle de faire baisser les coûts marketing de 10%, et de réduire les coûts d'exploitation du réseau en externalisant certains services.

 

ABI ResearchPour ABI Research, un autre paramètre permet de relativiser l'impact de la vague des données sur le ratio "investissements sur revenus" des opérateurs mobiles: ainsi la référence à un marché haussier, favorable à des organisations "achats" multinationales et centralisées, exacerbé par une concurrence très vive entre équipementiers, permet à la société d'analyse d'affirmer que les investissements en matériel et logiciel pourraient être amenés à fortement diminuer à partir de 2012.

 

Ces études viennent fortement contredire les tenants d'une vague de trafic incontrôlable qui va engorger les réseaux mobiles et provoquer des interruptions de service à échelle nationale. Bien que certaines zones de forte densité de population aient en effet subi de tels désagréments, et bien que l'explosion du trafic de données mette les directions techniques des opérateurs à rude épreuve, l'innovation technique et la concurrence viennent à point nommé pour équilibrer rentabilité financière et capacité de traitement.

 

Cela dit, les modèles économiques dépendent toujours des données d'entrée utilisées, et la vitesse et de la taille de la vague du trafic dans les années à venir sera déterminante. Rewheel estime que le trafic moyen par abonné s'élèvera à 3 Go par mois en 2014 pour son opérateur témoin européen. Si cette projection devait s'avérer frileuse, et s'il fallait encore multiplier ce chiffre par deux ou trois sous l'effet de nouveaux usages mobiles qui commencent tout juste à s'amorcer, alors il ne fait aucun doute que les opérateurs subiraient de plein fouet des besoins d'investissement considérablement plus élevés qu'aujourd'hui, au risque de ne plus pouvoir satisfaire leurs clients.  

 


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Published by France 2.0 - dans Opérateurs
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