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13 mars 2010 6 13 /03 /mars /2010 15:13

Que ce soit sur le sujet de la boucle locale en fibre optique, ou sur celui des réseaux mobiles de quatrième génération, la question de la séparation structurelle de l'opérateur historique en deux sociétés juridiquement différentes, l'une s'occupant des infrastructures de réseaux, l'autre de l'offre de service, revient à l'ordre du jour, réclamée notamment par Iliad ou par l'AVICCA (Association des Villes et Collectivités pour les Communications électroniques et l'Audiovisuel). Quels sont les enjeux d'un tel découpage ?

 


separation-structurelle.jpg - Eviter un monopole vertical dans les zones non denses: dans ces régions, et surtout dans les 20% ruraux du territoire, il sera en effet très difficile d'obtenir une concurrence par les infrastructures. En revanche la concurrence pourrait s'organiser entre fournisseurs de services sur un même réseau passif de fibres optiques; celui-ci serait déployé et maintenu par une société issue de France Télécom dont les revenus provenant de la boucle locale en cuivre (€3 Mds/an) serviraient à financer la construction du nouveau réseau.
 
- Résoudre le casse-tête du dividende numérique: les 72 MHz qui vont être libérés en décembre 2011 pour des réseaux hertziens de quatrième génération ne pourront permettre aux quatre opérateurs mobiles français d'obtenir chacun des canaux optimaux de 2x20 Mhz. La largeur du canal étant déterminante pour les performances en débit, il n'est pas non plus souhaitable de séparer la bande en trop petits canaux. Ne l'oublions pas: l'objectif du dividende numérique est principalement l'aménagement du territoire. Il est donc envisageable de réserver dans le dividende numérique un canal de 20 MHz à une société dont la responsabilité serait limitée à la couverture du territoire et à la mise en place d'une offre de gros.

Si la séparation structurelle a été utilisée pour d'autres infrastructures, comme l'électricité, il est également important de relever que cette solution affaiblirait notablement France Telecom par-rapport à ses concurrents directs, comme Deutsche Telekom ou Telefonica, s'ils ne sont pas eux-mêmes soumis à une telle évolution.

Une autre solution consisterait à garder un modèle vertical pour l'opérateur historique français, mais à créer une nouvelle entité en charge de la construction des nouveaux réseaux, et qui bénéficierait de la mutualisation des financements publics (grand emprunt) et privés (prises de capital par les opérateurs qui le souhaiteraient) dans une dynamique de co-investissement. Cette solution évoquée en 2009 par la
Caisse des Dépôts et Consignations aurait été elle aussi farouchement combattue par France Telecom, qui y verrait la perte de son monopole dans les zones non denses. Mais peut-être que la mutualisation serait tout de même préférable à l'opérateur historique si l'autre alternative était la séparation structurelle.

Ces questions méritent un débat approfondi, pour accélérer la mise en place du très haut débit dans les zones les moins économiquement rentables; par-ailleurs un opérateur de réseau qui n'interviendrait pas dans le jeu concurrentiel des services pourrait aussi être garant d'une neutralité cohérente d'accès à ces infrastructures.

 

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12 mars 2010 5 12 /03 /mars /2010 16:07
Alors que la Suède a ouvert le premier réseau LTE commercial au monde et que plusieurs autres pays (Norvège, Etats-Unis, Japon) s'apprêtent à faire de même, la France en est encore à distribuer des licences 3G. Une de celles-ci a été accordée à Free mobile qui doit encore construire son réseau, et deux autres licences viennent d'être mises sur le marché par l'ARCEP. Dans ce contexte, on peut légitimement s'interroger sur le calendrier de déploiement de la 4G dans notre pays. Pourquoi ce retard apparent par-rapport à nos voisins du nord de l'Europe ?

LTE-copie-1.jpgUn premier aspect important est la disponibilité des fréquences sur lesquelles les opérateurs vont déployer le LTE en Europe:

- La bande 2.6 GHz, utilisée en Suède et en Norvège, est encore utilisée en France par les gendarmes; ceux-ci se sont engagés à libérer le spectre progressivement, de 2010 à 2014, région après région, ce qui ne facilite pas la mise en place des infrastructures de télécommunications 4G qui prendront le relais. Ces fréquences devraient être davantage utilisée en zones urbaines et sub-urbaines pour augmenter les performances et la capacités des réseaux mobiles.

- La bande 800 MHz, dite du dividende numérique, sera elle-même libérée au fur et à mesure du passage des régions à la Télévision Numérique Terrestre, pour une libération complète et une affectation aux services mobile au 1er Décembre 2011. Ce spectre est particulièrement recherché car il permet de couvrir le territoire national avec moins de sites. On parle de "fréquences en or".

Ainsi il est vraisemblable que la France ne disposera pas de réseau commercial LTE avant 2012 au plus tôt, sans tenir compte d'éventuels retards dans le passage des régions les plus densément peuplées à la TNT, à quelques mois des élections présidentielles.

LTE2.jpgNéanmoins c'est cette année que l'ARCEP a prévu de lancer l'appel d'offre pour allouer ces fréquences aux opérateurs français. A la suite de la consultation publique dont la
synthèse a été publiée mi-Janvier, l'ARCEP doit maintenant mettre au point le cahier des charges d'attribution. Les enjeux sont considérables, car les infrastructures mobiles contribueront à la disponibilité du très haut débit dans les zones peu denses et permettront une économie de plusieurs milliards d'euros par-rapport à une couverture complète en accès fixe. 


 

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12 mars 2010 5 12 /03 /mars /2010 09:50
Fibre.jpgAvez-vous remarqué ? De François Fillon à Nathalie Kosciusko-Morizet, en passant par Jean-Luc Silicani, une même ambition politique relative à la mise en place d'infrastructures de très haut débit a été martelée: la fibre doit être acheminée en même temps à la fois dans les zones denses et dans celles qui ne le sont pas.
 
Ambition louable, cohérente avec la volonté d'éviter une nouvelle fracture numérique qui serait encore démultipliée par les performances du très haut débit, alors même que certaines localités ne disposent pas encore de l'ADSL, et/ou attendent encore une couverture correcte en téléphonie mobile. Mais voilà...peut-on faire concorder cet objectif politique avec la dure réalité économique ? C'est tout le débat qui est lancé en sourdine par l'ensemble des acteurs du numérique, à commencer par les opérateurs qui ont annoncé des plans d'investissement massifs...principalement dans les zones denses.

Revenons quelques mois en arrière. Il n'a déjà pas été facile pour l'ARCEP de réglementer la mise en place des infrastructures de fibre optique en zone dense, dite zone 1. Les polémiques autour des fibres surnuméraires et du point de mutualisation ont retardé l'annonce d'un accord entre les acteurs, finalement obtenu en Décembre 2009; seul Bouygues Telecom conteste encore (et tardivement!) un cadre réglementaire qui permet le déblocage des investissements pour les quinze plus grandes villes de France.

Qu'en est-il des autres zones ? L'ARCEP travaille à l'extension du cadre réglementaire aux zones moins denses, pour lesquelles une intervention publique sera probablement nécessaire pour rendre les projets économiquement rentables aux acteurs privés. Pour cela, plusieurs pistes:

- Le grand emprunt comporte une part de 2Mds€ pour les infrastructures de très haut débit. Dans le détail du projet de loi de finances rectificative, on lit que 1Md€ devrait être attribué aux zones moyennement denses, sous formes de prêts, 1Md€ aux zones peu denses sous formes de subventions.

- Hervé Maurey, Sénateur Nouveau Centre de l'Eure, a été choisi par le gouvernement pour proposer des recommandations d'ici fin Juillet 2010 afin d'alimenter de manière pérenne le Fonds National pour la Société Numérique.

- L'ARCEP s'est prononcé sur la pertinence du plan de montée en débit de France Télécom, qui permettrait l'amélioration des performances du réseau ADSL actuel en conservant la boucle locale en cuivre: elle serait tolérée dans les zones non dégroupées ou aucun projet de réseau en fibre n'est prévu à moyen terme. 

 

THDNous le voyons, la fracture numérique est déjà à nos portes, puisque les zones denses bénéficient d'une incitation économique et réglementaire au déploiement, quand le reste du territoire attend encore des décisions structurantes pour son avenir numérique.

Il y a pourtant une bonne nouvelle: tous les outils sont en place pour réaliser l'ambition de départ, la fibre partout, pour tous, dans un grand programme qui s'achèvera en 2025, selon l'engagement du Président. La mise en place d'infrastructures de très haut débit est une "priorité nationale", le grand emprunt est voté: 2010 doit être l'année des premiers appel à projets d'envergure en zones non denses, pour montrer que cette volonté politique est réelle. Combattre la fracture numérique pour stimuler la compétitivité de tous les territoires.
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11 mars 2010 4 11 /03 /mars /2010 13:41

Devrais-je être ému ? Solennel ? Soulagé ? Non...Il me semble juste que cet espace vient naturellement s'ajouter aux outils de communication dont tout un chacun peut disposer pour se faire entendre (ou plus exactement pour se faire voir et lire!), après Linkedin, Viadeo, Facebook, Twitter, pour ne citer que ceux dont je suis utilisateur.
 

Mais de quoi vais-je bien parler ? Quelle est mon expertise ? Qu'est-ce qui peut bien justifier que d'autres prennent le temps de découvrir ces textes ? Ne vont-ils pas simplement s'ajouter aux millions d'autres productions qui sont lancées comme autant de bouteilles à la mer ? Peut-être...
 

Mon regard sur les technologies de l'information s'appuie sur plus de dix ans d'expérience du domaine, en avant-vente, en direction commerciale, puis en direction marketing et stratégie au sein de grands équipementiers européens. Cela ne donne aucun droit, mais plutôt des devoirs, à l'heure ou la France et d'autres pays s'apprêtent à conduire le chantier ô combien important du très haut débit, et à débattre de la neutralité du net.
 

Contribuer à ces projets, éclairer, débattre...ce sera déjà bien! 

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