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7 mai 2010 5 07 /05 /mai /2010 16:00

Non, ce titre n'est pas un message codé de résistants français pendant la seconde guerre mondiale...mais bien l'illustration que les humains ne sont plus seuls à communiquer entre eux: nous entrons en effet à pas de charge dans l'ère des machines connectées.

 

50b connectionsJe ne suis pas seul à la dire: les chiffres publiés par l'ARCEP de l'observatoire des services mobiles pour le premier trimestre 2010 indiquent que, si le nombre d'abonnements baisse au niveau global pour la première fois depuis 2002, le nombre de cartes SIM ne servant qu’à échanger des données atteint près de 4 millions au 31 mars 2010, en croissance de 340 000 par rapport au 4ème trimestre 2009. 1,8 millions sont des cartes destinées aux seules communications entre machines, en augmentation de 83% par-rapport au premier trimestre 2009...et ce n'est qu'un début ! Aux Capital Market Days 2010 la semaine dernière à Stockholm, l'équipe de direction d'Ericsson a martelé que 50 milliards d'objets connectés allait voir le jour d'ici 2020, voyant dans cet immense besoin en connectivité de nouveaux marchés à conquérir.

 

M2M.jpgDe quelles machines parle-t-on ? Les applications sont multiples. Des bornes "Vélib" aux compteurs électriques intelligents, des colliers pour animaux domestiques aux flottes de véhicules, des distributeurs de canettes aux systèmes de télé-médecine,  de nombreux objets n'attendent plus qu'on les connecte à un réseau de communication pour optimiser leur fonctionnement, et diminuer le coût de leur maintenance.

 

La plupart des grands opérateurs ont bien compris que ce relais de croissance allait devenir de plus en plus important pour leurs résultats. En France, Orange, SFR et Bouygues Telecom affichent de fortes ambitions dans le domaine. SFR veut par exemple prendre 50% du marché des objets communicants en 2011. Dans cette perspective, les prédictions de l'Idate, qui estiment qu'en 2013, 4 milliards d'euros de chiffre d'affaires des opérateurs pourrait provenir de la connectivité M2M, aiguisent les appétits.

 

La révolution des machines communicantes aura certainement une grande influence dans notre vie de tous les jours, parallèlement à l'amélioration de notre propre connectivité grâce aux technologies hertziennes de quatrième génération (LTE). Espérons seulement que ces outils toujours plus performants auront aussi à coeur de progresser en simplicité (voire transparence) d'utilisation, sans quoi ce rêve de connectivité pourrait bien se transformer en cauchemar.


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7 avril 2010 3 07 /04 /avril /2010 09:37

bouygues.jpgFidèle à ses habitudes, Bouygues Telecom s'engage précautionneusement dans le voie du très haut débit fixe. "La fibre optique, oui, mais pour quels usages ?", s'interrogeait déjà Martin Bouygues lors des résultats 2009 du groupe. Mais, pour une fois, ce choix de temporiser pourrait s'avérer dangereux. D'ailleurs, une certaine fébrilité s'est emparée des dirigeants du troisième opérateur de télécommunications français, conduisant Martin Bouygues à rencontrer la semaine dernière Jean-Ludovic Silicani, Président de l'Arcep, et à s'exprimer dans la presse au sujet d'un cadre réglementaire jugé inéquitable. Au-delà de cette affaire, on peut s'interroger plus globalement sur l'avenir de Bouygues Telecom dont le positionnement, entre Free mobile et les mastodontes SFR et Orange, révèle une fragilité stratégique structurelle.


Joyau de l'empire Bouygues, la division "telecom" demeure un pilier déterminant des revenus et surtout de la rentabilité et de la trésorerie du groupe. En 2009, alors que le chiffre d'affaires de Colas et TF1 chutaient de 9% chacun, celui de Bouygues Telecom augmentait de cinq bouygues2-copie-1.jpgpoints. La contribution de Bouygues Telecom à l'EBITDA et à la marge     opérationnelle du groupe  approche les 40%, et atteint 42% pour la capacité d'auto-financement, quand le chiffre d'affaire ne représente que 17% de celui du groupe. La rentabilité de l'opérateur reste donc, même en année de crise, extrêmement satisfaisante. Pour autant, l'EBITDA 2009 à 25% de Bouygues Telecom reste très inférieure à celle de France Telecom en France (39.1%) ou encore SFR (31.9%), sans parler d'Iliad (33.8%). Avec dix millions d'abonnés mobiles, l'opérateur réalise moins d'économies d'échelle que ses deux grand concurrents, et sa structure de coûts est bien plus lourde que celle d'Iliad dont la rentabilité s'explique en grande partie par une organisation très maîtrisée et un modèle de production low-cost.


Comment, dans un contexte d'investissements lourds et d'augmentation continue de la pression réglementaire, enrayer la baisse des marges de Bouygues Telecom ? En 2009 les investissements ont été réduits de 22% pour résister à la crise et absorber les coûts commerciaux relatifs au lancement d'offres innovantes fixes et mobiles. De même, les coûts opérationnels subissent une forte pression, les embauches sont limitées. Le chinois Huawei, dont les offres commerciales sont très bon marché, fait son apparition parmi les fournisseurs 3G de l'opérateur. Mais 2010 est une année stratégique pour l'avenir des réseaux: il faut faire le choix d'investir dans la fibre optique au huaweirisque de se retrouver locataire des infrastructures des autres, et perdre ainsi en rentabilité. ll faut aussi investir ou non dans le spectre 3G et 4G que l'Arcep va mettre aux enchères, face à Orange et SFR qui n'ont pas caché leur intérêt: la lutte risque là aussi d'être coûteuse. Enfin, il faut se préparer à l'arrivée de Free Mobile, dont les segments de clientèle sont très proches de ceux de Bouygues Telecom: ils partagent un même attrait pour l'innovation et les prix bas. D'ailleurs, les freenautes sont en majorité abonnés mobiles...de Bouygues Telecom. Le risque est important de subir des défections importantes d'abonnés dès le lancement commercial du quatrième opérateur.


L'avenir de Bouygues Telecom se joue probablement cette année. Des choix stratégiques importants s'imposent pour arriver à se différencier à la fois des deux grands opérateurs, et du nouvel entrant. Choix du LTE avant les autres ? Choix de s'aligner dans un grand programme d'investissement en fibre optique, capitalisant sur la filiale ETDE/Axione ? Les capacités d'innovation de Bouygues Telecom restent intactes, et parviendront sans doute à nous surprendre une fois encore.


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23 mars 2010 2 23 /03 /mars /2010 17:32
A l'occasion de la présentation des (bons!) résultats 2009, les dirigeants du groupe Iliad ont donné les grandes lignes de leur stratégie de développement pour les années qui viennent. A première vue, l'entreprise est engagée dans un cercle vertueux. Ses très bonnes marges en ADSL permettent de dégager la trésorerie nécessaire à l'autofinancement de deux chantiers prometteurs: la fibre optique, qui évitera de payer la location de la boucle locale en cuivre à France Telecom, et la téléphonie mobile, dont les marges en France restent parmi les plus élevées qui soient, même en temps de crise.

free-mobile.jpgFree Mobile est un vecteur formidable de croissance; il faut néanmoins construire le réseau, implanter des milliers d'antennes-relais dans un contexte défavorable de défiance vis-à-vis des rayonnements électromagnétiques. Cela prendra du temps avant de dépasser le seuil fatidique des 25% de couverture de la population qui ouvrira le droit à un accord d'itinérance national, et permettra ainsi l'ouverture du service. Dans cette logique, les premiers abonnés pourraient bénéficier de l'offre du quatrième opérateur à partir du début de l'année 2012. 
 
Il y a quelque chose de choquant dans ce temps de latence entre le paiement cash des 240 millions d'euros de la licence et l'ouverture du service de Free Mobile, annoncé comme révolutionnaire. Quelle sera la stratégie d'Iliad pour gagner ce nouveau pari de la différenciation sur un secteur dont les parts de marché n'ont pas beaucoup varié depuis dix ans ?
La première solution évidente est de jouer sur la structure de coût très optimisée de Free Mobile pour créer un opérateur low-cost capable d'innovation. La capacité de réaction de son réseau tout-IP ultra-moderne permettra l'introduction de nouveaux services innovants bien plus rapidement que chez ses concurrents: ceux-ci seront englués dans les strates historiques de leur réseau et dans les contraintes paralysantes de l'intéropérabilité entre leurs nombreux fournisseurs. Par ailleurs, les prix pratiqués seront très bas pour un service plus attractif que celui des MVNOs qui n'ont pas la main sur leur réseau hôte, et sont donc pour l'instant incapables d'opérer une vraie différentiation.

Cependant le temps est long jusqu'en 2012; Free Mobile peut-il se permettre d'attendre ? D'ici là il est probableMvno.jpg que les MVNOs gagneront des batailles en faveur de davantage d'indépendance, et disposeront de leurs propres systèmes de facturation, peut-être même de plate-formes de service séparées. Par ailleurs, Orange, SFR et Bouygues Telecom ne resteront pas les bras croisés et moderniseront aussi leurs réseaux pour répondre à l'arrivée programmée de leur nouveau concurrent. La situation n'est donc pas si simple, d'autant que Free devra vite convaincre sa fidèle base d'abonnés qu'il peut révolutionner le marché du mobile, sous peine de la décevoir après une si longue attente.
 
Il est alors possible d'imaginer un autre scénario qui, s'il a été publiquement nié par Thomas Reynaud aujourd'hui sur BFM, n'en reste pas moins intellectuellement intéressant. Imaginons donc que Free Mobile décide de profiter des discussions en cours sur un accord d'itinérance pour mettre au point un lancement du service en trois temps: 
 
- Premier temps (2010?): lancement du service en tant que MVNO, avec l'hypothèse que le partenaire choisi laisse à Free plus d'indépendance que les MVNOs traditionnels, ce qui d'ailleurs est une demande forte de l'ARCEP dans l'appel d'offre pour les licences 3G restantes. La négociation pourrait donc s'effectuer sur cette base, Free laissant à son partenaire les mains libres pour acheter cette fréquence 3G supplémentaire, sans guerre des prix, en échange d'un accord d'itinérance anticipé particulièrement attractif, et permettant déjà au moins une facturation indépendante.
 
- Deuxième temps (2011-2012): montée en puissance progressif du réseau de Free, utilisation au fil de l'eau des zones couvertes en propre, vente de femtocells pour une offre quadruple play peu onéreuse, et pour contrôler le dispositif numérique des foyers de freenautes. Cette phase verrait la mise en place des premiers services de grande innovation, pour enthousiasmer les premiers clients de Free et enclencher un phénomène favorable de bouche à oreille, pour garder ce tarif très bas d'acquisition de nouveaux clients qui fait la force de Free en ADSL.
 
- Troisième temps: arriver au plus vite non pas à 25% ou 27% mais à un pourcentage aussi important que possible de couverture de la population pour entrer en concurrence frontale avec les autres opérateurs et absorber progressivement les autres MVNOs.

Cette stratégie d'attaque permettrait de créer la surprise et de bousculer le marché sans attendre 2012. Mais quel intérêt pour Orange, SFR ou Bouygues de signer un accord anticipé avec Iliad ? Tout d'abord, cet accord d'itinérance sera financièrement intéressant, d'une valeur estimée de plusieurs centaines de millions d'euros par an en régime de croisière. D'autres accords pourraient aussi arrondir ce montant, comme la location de sites 2G/3G existants ou d'autres synergies opérationnelles, par exemple en termes de partage de réseau dans les zones reculées, ou pour le LTE. Enfin, la pépite Free Mobile pourrait être revendue cinq ans plus tard dans un nouveau mouvement de consolidation, ce qui pourrait faire l'objet d'une clause d'acheteur préférentiel.
         
Tout cela n'est que fiction: peut-être que Free Mobile attendra sagement 2012 pour lancer ses offres...peut-être que Virgin Mobile restera longtemps le véritable quatrième opérateur français. Peut-être d'ailleurs que les 25% de couverture seront plus difficiles à réaliser que prévus, si par exemple la réglementation sur les seuils d'exposition aux ondes devait se durcir. L'aventure s'annonce passionnante; nous la suivront attentivement !
 
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Published by fortelle.over-blog.com - dans Opérateurs
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