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15 août 2012 3 15 /08 /août /2012 18:50

augmented reality-2En avons-nous suffisamment conscience? Probablement pas...la réalité telle que nous la vivons et la percevons sera vécue et perçue differemment par nos enfants. Il faudra une, peut-être deux générations - pas plus! - pour qu'un filtre soit placé entre leurs sens et le monde environnant. Quel filtre? Celui de la réalité dite "augmentée". 

 

Plusieurs indices sont là pour nous y préparer. Tout d'abord le surgissement des logiciels et bases de donées dans nos habitudes de vie. Le recours quasi quotidien à des moteurs de recherche, l'accès rapide et facile à l'information, pour apprendre, comparer, analyser, décider. Tout cela d'autant plus facilement que l'accès à internet se tient là, dans notre poche ou notre sac à main. Toujours plus rapide et facile d'utilisation, grâce à des applications dédiée et pré-configurées. C'est une première évidence. Ajoutons-y la miniaturisation des terminaux, l'augmentation rapide de la bande passante disponible sur les réseaux et la couverture quasi-totale des zones urbaines et sub-urbaines. Deuxième évidence. N'oublions pas le succès mondial des réseaux sociaux et l'immense richesse des informations personnelles mises à disposition, souvent liées à l'identité et à la photo des internautes. Troisième évidence. Rappelons-nous enfin que des tests sont déjà en cours pour lier tous ces élements entre-eux: je veux parler du projet "Glass" de Google, et de l'incursion du géant américain dans le secteur des terminaux depuis le rachat de Motorola Mobility (et son application layar créée par l'équipementier, installée sur 19 millions de terminaux avec 3 millions d'utilisateurs actifs - voir aussi les explications en anglais sur cette vidéo très claire sur les objectifs visés). Barack Obama with Google Glass pictureSi l'on identifie la courbe de l'augmentation de l'usage de la réalité augmentée à celle de la téléphonie mobile, on peut prévoir de passer la premier milliard d'utilisateurs actifs en...2020. Quand Tomi Ahonen, expert des technologies mobiles, parle de la réalité augmentée il évoque la révolution du "huitième média grand public", après l'imprimerie, l'enregistrement, le cinéma, la radio, la télévision, l'internet et le mobile. Pour lui cela ne fait aucun doute, nous y allons tout droit. La vague est immense et rien ne pourra l'arrêter.

 

 

Comme pour mieux enfoncer le clou, des videos envahissent le net et tentent de décrire l'effet que pourrait avoir sur nos vies une réalité augmentée assumée, intégrée et omniprésente. Loin des fameuses lunettes Google, imaginez des lentilles. Dans notre champ de vision, tout s'anime; réalité augmentée et réalitée virtuelle se combinent; il devient sans doute difficile de faire la part des choses entre réalité sensorielle et images. La télévision, par exemple, est virtuelle; il suffit d'un mur blanc et d'une fonction "share" pour regarder à plusieurs. Sons/odeurs (voire contacts) artificiels doivent aussi pouvoir s'ajouter à la solution. Les possibilités sont infinies. Tout devient pré-mâché...et tout devient jeu...car la réalité augmentée ouvre aussi des univers nouveaux aux gamers. Des vidéos de prospective décrivent bien quand ce concept prend vie. La téléréalité prend des proportions universelles, et l'homme devient une sorte de zombie assisté. On peut voir des scènes qui évoquent d'ailleurs la panne du système, et l'incapacité soudaine des personnages de trouver leur chemin. D'autres dialogues ouvrent des débats de fond: doit-on tout dire de soi sur son profil? Comment garantir une quelconque vie privée si tout ce que l'on fait est analysé et enregistré par des machines supposées nous aider? 

 

 

Dans des proportions moindres, ces questions sont déjà posées aujourd'hui. Des travaux récents ont abouti à la création d'un algorithme permettant de prédire nos déplacements futurs sur la simple base des données GPS enregistrées dans nos smartphones et ceux de nos amis. Tout cela ne relève pas seulement d'un film de science-fiction, mais finit par paraître plausible et réel. La technologie fait des pas de géant et rend des services incroyables: plus besoin de "par coeur", plus besoin de livres, plus besoin d'utiliser notre capacité à raisonner...le cloud sera à disposition d'un simple battement de cil. Bien sûr il y aura des bugs, des disfonctionnements, des trous de couverture; problèmes qui seront résolus rapidement et qui ne pèsent pas lourd au regard des avantages énormes en termes de connaissance de nos goûts, habitudes, comportements, sans parler du contrôle citoyen transformant nos yeux en autant de caméras de surveillance...

 

Progrès réel ou marche accélérée vers un monde décérébré? Sans doute faut-il être pleinement conscient de cette révolution en marche, de ses possibilités et de ses travers. Certaines discussions actuelles au sujet de la protection numérique de la vie privée sont d'autant plus importantes qu'elles posent des bases importantes pour la suite: protection de l'identité qui combine droit à l'oubli et à la protection des données, limitation de la reconnaissance faciale, barrières aux enregistrements sauvages (à des fins commerciales) de nos comportements d'internautes et de mobinautes. Par ailleurs, quoi de plus important que d'enseigner à nos enfants le goût du beau, du vrai et du naturel?  

 

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29 janvier 2011 6 29 /01 /janvier /2011 16:41

Brueghel-tower-of-babel.jpgQue peut bien venir faire l'histoire de la tour de Babel dans un blog dédié aux nouvelles technologies de l'information? Cela vient tout simplement d'une constatation: l'évolution technologique tend à répondre aux conséquences symboliques de la construction de la tour. Pour contrecarrer le projet des hommes, il est écrit dans le livre de la Genèse de la Bible que "c'est là que Dieu confondit le langage de tous les habitants de la terre et c'est là qu'Il les dispersa sur toute la face de la terre": l'éloignement géographique, et l'incompréhension entre les peuples succèdent à la proximité et au langage unique originel.

 

Il faut se rappeler que cette histoire de la Tour de Babel fait partie de la section de la Bible qu'on appelle la préhistoire ou le cycle des origines (les onze premiers versets du livre de la Genèse), une section de la Bible qui ne prétend pas être historique ni scientifique. Ces textes évoquent de manière symbolique le passé, le présent et l'avenir des êtres humains. Parlons du passé: l'exploration géographique et la démocratisation des transports ont permis de rapprocher les peuples, et on ne compte plus les tentatives de trouver un langage universel pour mieux se comprendre, comme la création de l'esperanto à la fin du XIXème siècle. Aujourd'hui, si les distances et les langues restent un barrière comme tout voyageur fréquent le ressent, les technologies de communication jouent un rôle de plus en plus grand dans le rapprochement entre les hommes; l'instantanéité de la mise en relation, où que l'on soit, et la mise en place de communications vidéo réduit les distances plus sûrement que les avions, tant la qualité du son et des images rend presque perceptibles les émotions et la présence physique de l'interlocuteur. Pour s'en convaincre, il suffit de regarder la vidéo ci-dessous de la première interview journalistique d'une personne en vidéoconférence holographique...Depuis, on ne compte plus les conférences avec "invités virtuels" sur scène, pour des raisons d'empêchement géographique ou de sécurité.



 

Mieux encore, la technologie "cloud" et les milliers de serveurs prêts à faire fonctionner les applications mobiles les plus innovantes offrent un moyen de répondre au problème de la barrière des langues étrangères. Fidèles remplaçants des interprètes professionnels ou des dictionnaires en format poche, les téléphones mobiles peuvent aujourd'hui traduire nos paroles en quasi-simultané dans plusieurs langues. L'application Androïd Google translate est véritablement révolutionnaire, comme le montre la viéo (en anglais) ci-dessous:


 


  

Ainsi nous voyons bien par ces quelques exemples que l'homme est sur le point d'échapper à la punition symbolique de Babel, par des modes de communication sophistiqués dont on peut penser que la qualité de service et le réalisme ne feront que progresser dans les années à venir. Les débouchés de ces technologies sont gigantesques, tant au plan économique qu'au plan de l'entente et de la paix universelle.

 

Bien évidemment, tout ne sera pas résolu. La langue n'est qu'un des éléments des différences culturelles, et les machines auront fort à faire pour décoder les sens cachés et les non-dits. Par-ailleurs, un hologramme reste la représentation transformée d'une image réelle et ne pourra jamais remplacer l'être original, bien que des recherches aient lieu pour pouvoir toucher ces silhouettes virtuelles!

 

L'avenir offre néanmoins d'étonnantes perspectives, et la virtualisation de nos échanges et de nos voyages peut faire peur. Pourquoi aller à Tokyo soi-même quand on peut y envoyer son avatar vidéo? Pourquoi apprendre une langue difficile quand la traduction simultanée et irréprochable est à portée de main? Peut-être parce que rien ne remplace les relations humaines directes, et que l'apprentissage des subtilités d'une culture passe par l'apprentissage d'une langue. Bienfaits technologiques contre déshumanisation incontrôlée: il faudra faire des choix, au risque de construire une nouvelle tour, encore plus haute que la première.

 


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31 décembre 2010 5 31 /12 /décembre /2010 13:00

 

newyear11-hp.jpgPour conclure cette année 2010, pourquoi ne pas se tourner vers une société devenue icône de l'innovation, et dont les solutions ne cessent de nous entourer et de nous rendre service? Google, pour ne pas la nommer, continue de nous fournir de nouvelles applications surprenantes au premier regard, mais dont ne nous pourront peut-être plus nous passer dans quelques mois.

 

Qui d'entre nous n'a pas utilisé Google Earth pour la première fois en se disant que c'était joliment fait mais plutôt accessoire? Et maintenant, qui de nous ne vérifie pas l'environnement de sa location de vacances en trois dimensions, pour constater d'éventuels vices cachés? Il se dit même que l'administration fiscale utilise l'outil à la recherche de signes extérieurs de richesses non déclarées dans les résidences secondaires...

 

En cette fin d'année 2010, Google continue de nous étonner. Prenons pour exemple le "Body Browser" qui doit faire les délices des étudiants en médecine; la vidéo ci-dessous en présente les principales caractéristiques. Qui sait...peut-être utiliserons-nous un jour prochain cet outil comme application de télémédecine? Nous serions scannés, virtuellement écorchés vifs par notre PC, pour mieux définir la source de nos maux avant intervention du médecin? Une piste à la réduction du trou de la sécu... 

 

 

 

 

Une autre vidéo de l'éditeur américain montre l'étonnante puissance des logiciels Google Docs; là aussi, il n'est pas loin le temps où nous sortirons du "cloud" tous les logiciels bureautiques dont nous aurons besoin. Le poids de l'habitude et de l'hégémonie nous fait encore préférer le modèle fort coûteux des licences, mais il est fort probable que leur temps soit compté. Outre la qualité de la prestation du trio de "compositeurs" de la présentation décrite, il est intéressant de voir les possibilités d'interaction et de création en commun de l'outil.

 

 

 

 

 

Une question passionnante demeure...Comment fait Google pour être sûr de la pertinence de ces nombreux produits, le plus souvent réalisés pendant ces fameux 20% de "temps de création libre" laissé aux Googlers pendant leur temps de travail? Plusieurs réponses à cela. D'abord, l'échec est inhérent au processus d'innovation: nous avons tous appris cela à l'école. le Nexus One en est un exemple récent.

 

Néanmoins, Google a mis en place un outil d'aide à la décision puissant, dont le principe s'appuie sur la théorie des marchés prédictifs. De quoi s'agit-il? Tout simplement d'utiliser le fait qu'on est plus intelligents à plusieurs, et que toutes les ressources de l'entreprise peuvent être mises à contribution pour accompagner et soutenir ses grandes orientations stratégiques. L'intelligence collective dépasse ainsi le simple cadre des quelques individus puissants qui entourent le PDG, et dont la connaissance des sujets de prospective est parfois incomplète ou subjective. 

 

Ainsi les Googlers sont-ils encouragés à investir sur des "marchés" dont la nature est la probabilité de réalisation d'évènements, comme le nom du prochain champion du Superbowl (un aspect ludique pour encourager les employés à venir tester le vote) ou, plus sérieusement, le nombre de nouveaux utilisateurs de Gmail dans les six prochains mois ou encore le succès d'un nouveau produit mis en ligne.

 

happened_by_predicted_all_weeks-706902.GIFLa pertinence de ce système a été mise en lumière dès 2005, année ou les prédictions des employés ont été comparées aux occurences réelles des évènements. Le résultat, obtenu avec plus de mille employés votant sur 146 questions différentes, est tout à fait impressionnant; les "prix" de marché, qui correspondent en fait aux probabilités d'occurence des évènements testés, collent quasiment parfaitement avec la réalité effective! Bo Cogill s'en était fait l'écho sur le blog officiel de Google

 

 

 

Depuis, les techniques se sont affinées, les erreurs communes liées à la subjectivité ou aux idées reçues des intelligences collectives sont encore mieux corrigées. Qui n'a jamais rêvé de pouvoir prédire l'avenir? Quelle société ne voudrait-elle pas mieux anticiper les évolutions de son marché et de ses concurrents?

 

Adieu jeux de tarot ,boule de cristal et augures de toutes sortes; aujourd'hui l'avenir se lit grâce aux internautes. Pour preuve, Google et la CIA ont investi ensemble en 2009 dans la firme Recorded Future. Les marchés prédictifs sont une réalité à intégrer au plus vite dans les processus stratégiques des sociétés les mieux armées...pour 2011!

 

Très bonne année à tous, de la part du Blog France 2.0!

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27 septembre 2010 1 27 /09 /septembre /2010 17:05

Apple_Newton.jpgCet article, je ne l'écrit pas, je le dicte...et je me demande bien pourquoi les hommes se sont tant appliqués à améliorer les technologies d'écriture électronique; les claviers rétractables aux touches minuscules, les claviers virtuels encore plus mal pratiques...

 

Tout a commencé avec le Newton d'Apple en août 1993, dont l'algorithme de reconnaissance d'écriture manuscrite révolutionnaire incitait les usagers à s'entraîner de longues heures à griffonner sur l'écran des symboles cabalistiques, supposés ressembler aux lettres de l'alphabet romain. Abandonné en 1998, le Newton était pourtant un précurseur des Palm et autres agendas électroniques dont on disait fièrement qu'ils allaient remplacer le papier. Je me souviens en effet de quelques collègues qui avaient pris au mot cet axiome, et qui, par défi, tentaient de prendre toutes leurs notes sur un assistant électronique flambant neuf. Ils s'escrimaient, courbés sur leurs machines, pour finalement constater qu'ils étaient moins rapides et moins fiables que sur papier...

 

La technologie de reconnaissance vocale est née dans les années 1950, mais il a fallu attendre 1993 pour qu'une première société commercialise un logiciel de reconnaissance vocale compatible avec les cartes son du marché, sous Windows. En 1997, Bill Gates, fondateur de Microsoft prédisait que la reconnaissance vocale, dont il avait toujours pensé qu'elle révolutionnerait le monde de l'informatique, allait remplacer clavier et souris; il se trompait simplement de date. Pour lui, la généralisation de ce service serait achevé en 2010. Mais la mise en place a mis davantage de temps, et pour s'en convaincre il suffit de regarder cette vidéo d'une démonstration ratée de reconnaissance vocale sous Vista (un must!):

 

 

 

 

BillGates.jpgLa route a été bien longue, avant que les prédictions de Bill Gates commencent à pouvoir se réaliser. Cette utilisation fonctionnelle du langage pour la commande des objets intelligents et communicants, si naturelle aujourd'hui, est passée par des phases de stagnation du développement. Tant qu'il s'est agi de subir une phase d'apprentissage, le client n'a pas voulu de ces logiciels. La reconnaissance vocale se devait d'être immédiate et simple pour être adoptée par le grand public.

 

Le tournant technologique a eu lieu en 2009, en même temps que l'irruption massive sur le marché de téléphones intelligents et multi-fonctions, dont l'une des seules limites restait...le clavier trop petit. Le contrôle par la voix a bien progressé sous l'impulsion des GPS de voiture, et d'autres applications spécialisées, notamment militaires, nécessitant cette fonction. Puis est arrivé Google, et cette fois-ci c'est Eric Schmidt, son directeur général, qui s'est risqué au jeu des prédictions en février 2010. L'avenir de la reconnaissance vocale était alors tracé, non plus fondé sur la seule puissance des ordinateurs ou des téléphones, mais sur un échange entre ces terminaux et le Nuage, dont la puissance de traitement allait rendre la technologie parfaitement fiable. Ecoutons Eric Schmidt:

 

 

 

 

A partir de cette année charnière que fut 2010, les innovations se sont multipliées. La commande des ordinateurs et des téléphones par la voix, et la disparition des souris et claviers annoncée par Bill Gates ont progressé de manière spectaculaire. Plus personne ne tapait ses recherches sur Google, mais tout le monde susurrait à son ordinateur les mots et expressions qui allaient interroger les bases de données du moteur de recherche. De même, plus aucun adolescent n'utilisait ses pouces pour écrire des SMS ou des profils Twitter ou Facebook: l'application Dragon Dictation s'en chargeait bien plus facilement par la voix, ce qui eut d'ailleurs pour effet indirect de rétablir l'orthographe correcte des messages échangés! Enfin, la traduction simultanée des conversations en toutes les langues a permis de démultiplier les possibilités de communications vocales, ce qui a eu des effets incroyables sur la pacification du monde.

 

En parallèle, la recherche fondamentale sur la reconnaissance des pensées a rapidement débuté pour pallier le bruit provoqué par les usagers; le mode "silencieux" des ordinateurs qui avaient appris à lire sur les lèvres ne suffisant pas, il fallait encore aller plus loin et différencier les états psychiques correspondant à chaque pensée, grâce à l'électroencéphalographie. Je me souviens encore des débuts de cette science, et des premières démonstrations lors des présentations TED, comme l'atteste cette vidéo (que mes petits-enfants trouvent vraiment préhistorique):

 

 

 

 

Aujourd'hui, en 2020, pensées et voix ont remplacé l'action des mains et des doigts. J'utilise encore la reconnaissance vocale quand je suis seul, comme pour réaliser ce billet, car j'y trouve d'autres satisfactions que dans l'action psychique directe. Est-ce mon faible pour Flaubert et son épreuve du gueuloir? Peut-être bien...mais la comparaison s'arrête là: plumes d'oies, stylos et claviers ne font plus partie de mon quotidien.

 

Sources:

 

(1) Damien Leloup - « La reconnaissance vocale se démocratise » - lemonde.fr - 20 septembre 2010

(2) « Quand l'ordinateur lit sur les lèvres dans toutes les langues » - atelier.fr – 6 septembre 2010

(3) Duncan Graham-Rowe – « Turning thoughts into words » – technologyreview.com – 23 septembre 2010

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23 septembre 2010 4 23 /09 /septembre /2010 10:04

social networks6 heures du matin...Martin S., Directeur Général, est en route vers le siège de son entreprise, il le signale sur Twitter et Facebook:

_ "On my way to the office. Another great day for the company, we are launching Project Tectra!".

A peine arrivé dans son bureau, Martin s'assure que les comptes YouTube et Dailymotion de la société ont bien été mis à jour avec une courte vidéo enregistrée la veille et qui décrit de façon didactique le fameux "projet Tectra". Ainsi, il peut aisément répondre aux quelques blogueurs spécialisés qui ont immédiatement réagi sur sa timeline. Il leur signale le lien vers la vidéo et celui vers le dernier article de son propre blog qui donne une analyse détaillée de la stratégie d'ensemble de l'entreprise, dont Tectra n'est qu'une première brique. Dix minutes plus tard, il rejoint sa garde rapprochée dans une salle de réunion équipée pour une rencontre virtuelle avec analystes et clients-clés, une vidéoconférence interactive sur Internet. Martin sourit: la journée commence bien; employés, clients, journalistes et experts influents sont en phase avec la respiration de l'entreprise. Ils apprécient la méthode.

 

social networks jobsProspective ou réalité? Cette petite histoire n'a rien de révolutionnaire, et peu sembler bien naturelle à beaucoup de dirigeants. Pour d'autres, ce mode d'action est tout simplement impensable et inacceptable tant les réseaux sociaux paraissent dangeureux, incontrôlables ou tout simplement constituent une fâcheuse perte de temps. La fracture entre ces deux modes de management s'accroît avec la taille de l'entreprise: si fin 2009 près d'un dirigeant de PME sur cinq était un utilisateur actif de réseaux sociaux pour la promotion de son entreprise, ils sont bien peu dans les responsables de grands groupes à ne pas laisser cette activité à leur direction de la communication, qui, si elle fait parfois très bien son travail, n'en reste pas moins souvent frustrée de ne pouvoir compter sur la présence active du DG. Or, selon Jean-Nicolas Reyt, chercheur, consultant et blogueur:

 

"La majorité des entreprises aujourd'hui ne sont pas adaptées pour travailler en temps réel. Certaines d'entre elles développent un poste de Community Manager confié à des jeunes recrues, parfois des stagiaires, pour prendre le tournant des réseaux sociaux. C'est de la poudre aux yeux. Selon moi, il s'agit aujourd'hui de comprendre qu'un tel poste est de la responsabilité d'une personne fortement expérimentée et surtout au fait de la stratégie de l'entreprise afin de pouvoir prendre la parole en toute autonomie."

 

Ainsi, l'implication managériale dans la diffusion d'informations en "mode 2.0" paraît fondamentale. 

 

Cette transformation du mode d'expression des dirigeants passe certes par un risque accru de ne pas tout maîtriser dans la chaîne de la communication. Dans le cas contraire, la présence sur les réseaux sociaux reste parfois artificielle et contre-productive vis-à-vis de l'attente des experts de ces nouveaux médias, dont l'influence est de plus en plus importante sur l'image des sociétés, et qui attendent un davantage de transparence et d'attention. Un exemple de ces tâtonnements est la publication récente par une grande société pharmaceutique d'une règle d'utilisation des réseaux sociaux à l'intention de l'ensemble des employés, en parallèle au recrutement d'une responsable Internet et réseaux sociaux. Malgré l'abondance et la précision des règles, cette ouverture innovante est globalement très appréciée des experts et blogueurs comme le montre la vidéo ci-dessous (en anglais), bien que les réactions montrent bien que le mouvement d'ouverture était en fait déjà informellement engagé:

 

 

 

Une remarque, pourtant, nous paraît particulièrement éclairante: un des blogueurs interrogés indique qu'il a l'impression que la publication du guide d'utilisation des médias sociaux a été le signe que la société a intégré ces nouvelles pratiques "à son sommet", et que les dirigeants ont vraisemblablement compris l'importance d'officialiser ce nouveau mode de communication, une première dans le monde des poids lourds de l'industrie pharmaceutique. Pour autant, les dirigeants de l'entreprise ne semblent pas encore s'impliquer beaucoup dans cet échange ouvert d'informations: pas de blog corporate, pas d'individualisation managériale de la nouvelle ouverture aux réseaux sociaux. La transformation se fait donc pas à pas.

 

social networks-300x229Lorsqu'un Directeur Général lui-même décide de se servir de ces nouveaux outils de promotion, que cela lui soit naturel en raison de son âge, ou qu'il comprenne l'enjeu de différentiation sous-jacent, les résultats sont souvent spectaculaires, comme le rapporte Sharlyn Lauby dans Mashable. Que cela soit du point de vue des clients, des employés potentiels et existants ou des innombrables relais d'influence que compte Internet, l'effet d'image et de motivation est comparable à celui obtenu par un bon "leadership", qui se manifeste par la capacité à fédérer et à mobiliser les énergies autour d'une action collective. Le "leadership 2.0" serait donc en quelque sorte la démultiplication de cette capacité par l'utilisation d'outils interactifs de diffusion de l'information. L'exemple de Loïc le Meur CEO de Seemic en est sans doute une bonne illustration. Celui de Nathalie Kosciusko-Morizet, dans son rôle particulier de Secrétaire d'Etat au gouvernement, est lui-aussi bien connu.

 

Bien sûr, cette composante nouvelle du leadership comporte des risques et demande une grande cohérence entre les actions des dirigeants et leurs messages. Cette cohérence est le fondement de la e-réputation à laquelle s'intéressent de nombreux chercheurs et experts. Sans e-réputation maîtrisée et cohérente, difficile de faire preuve de ce leadership 2.0. A l'inverse, l'exercice du leadership 2.0 vient considérablement alimenter et renforcer une e-réputation souvent statique et artificielle. Ce lien entre cohérence et e-réputation a été magnifiquement démontré par Ludovic François, professeur affilié à HEC, avec le cas d'Eric Dumonpierre, CEO de Berden. La morale de l'histoire est très claire: "patrons, exprimez-vous en ligne avant que les internautes ne le fassent à votre place !". En France, les patrons du CAC40 devraient d'ailleurs s'en inspirer si l'on en croît une enquête menée par Hopscotch et ePerf Consulting.

 

Enfin, on constate sans surprise que les sociétés du secteur des technologies de l'information ont été parmis les premières à comprendre et utiliser les ressorts du leadership 2.0. Cela paraît bien naturel car ces firmes vendent souvent des produits et services connexes aux réseaux sociaux; le trafic sur ces réseaux est parfois directement lié à leur chiffre d'affaire. "Eat your own dog food!", s'exclament parfois les anglophones avec raison. Pourtant, là encore, l'usage des réseaux sociaux par les dirigeants est inégal. Les blogs d'entreprise sont pourtant monnaie courante, la présence sur Twitter et Youtube régulière et variée; mais il manque souvent l'effet d'entraînement du leader d'opinion qu'évoquait Jean-Nicolas Reyt. Dans l'article "cultivating thought leaders versus company bloggers", Audrey Watters de ReadWriteStart souligne une fois de plus que le leadership 2.0 procède de la crédibilité de la source d'informations. Un exemple réussi est celui de Cisco, dont les équipes pronent l'usage des réseaux sociaux comme un formidable outil de productivité, et dont certains dirigeants sont des leaders d'opinion incontestés comme Inder Sidhu, Vice-President Stratégie et Planification, ou encore Padmasree Warrior.

 

Laissons le le mot de la fin à Brian L. Roberts, CEO de Comcast, dans une courte vidéo que ne renierait pas notre Martin S. du début de l'article, et qui insiste plus particulièrement sur l'impact qu'ont eu les médias sociaux sur l'image de l'entreprise.

 

 

 

 


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13 septembre 2010 1 13 /09 /septembre /2010 12:42

augmented reality-2Qui n'a pas rêvé un jour d'imaginer avec précision son propre avenir, ou celui de ses enfants? L'exercice de prospective est particulièrement difficile, mais également passionnant. Les cycles technologiques s'accélèrent, chaque génération connaît une nouvelle révolution comportementale ou informationnelle, au point qu'on leur associe des lettres différentes pour les différencier: générations X, Y et Z se succèdent depuis les années 60, et l'alphabet paraît trop court pour prolonger le trait, à moins de recommencer à la lettre "A"...A comme "Augmented reality"?

 

Bien que certains relèvent déjà quelques limites technologiques et éthiques au mouvement de fond de prospective et de recherche et développement autour de la réalité augmentée, il semble bien que le fossé encore béant entre le monde numérique et le monde réel soit en train de se combler, au rythme trépidant de notre volonté d'accéder toujours plus vite à l'information, sans perdre de temps. Pourquoi devoir attendre? Le simple fait de retirer son smartphone de sa poche pour "googler" quelqu'un ou quelque chose semble déjà inopportun: il faudrait que l'information s'affiche immédiatement à nos yeux. Eric Schmidt, dont nous devrions attentivement écouter les prédictions tant il est un acteur structurant de ces révolutions, va encore plus loin: le CEO de Google nous promet que la technologie - sa technologie - permettra bientôt de bénéficier d'informations utiles avant même que nous ayons conscience d'en avoir besoin...

 

C'est bien un "sens" supplémentaire qui nous est proposé, à la seule différence que ce sens-là est connecté au cerveau artificiel que constituent les téraoctets de données accumulées par les géants de l'Internet. Le Media lab du MIT l'a bien compris, au travers de son projet "Sixième sens", dont les principaux objectifs sont de créer des passerelles entre nos gestes, nos objets familiers, et les informations disponibles sur le réseaux des réseaux. L'ordinateur/téléphone devient partie intégrante de notre accoutrement, prothèse nécessaire pour mélanger réel et virtuel, pensée et action. Laissons Prarav Mistry nous l'expliquer dans une vidéo impressionnante qui a déjà fait le tour du monde:

 

 

 

 

Que l'on soit heureux ou non de cette évolution, on ne peut que constater son caractère inéluctable. Les experts du MIT, par leur créativité, tentent de rendre possible dès aujourd'hui, avec des objets disponibles dans le commerce, un mode de fonctionnement qu'ils imaginent courant pour demain. A l'inverse, les Jules Verne et George Orwell d'aujourd'hui tentent d'aller plus loin par le simple jeu de leur imagination; on y retrouve cependant aussi le fil directeur de l'accès instantané à l'information, libéré des contraintes physiques de nos connaissances actuelles. C'est là que la créativité s'épanouit pleinement, dans une exercice cependant très important pour les sociétés qui le mettent en oeuvre: il s'agit d'imaginer les produits et services de demain.

 

Les prédictions sont plus ou moins réussies; toutes reflètent un travail de l'imagination qui s'appuie cependant sur les développements les plus récents, extrapolés dans le temps. En ce sens, la vidéo du Nokia Research Center présentée ci-dessous paraît transformer la vision du MIT en réalité fluide et accessible, par le biais d'accessoires de la vie de tous les jours: lunettes, bracelet et oreillettes. Rien de bien invasif, et pourtant le paysage devient déjà écran. Bien qu'aucune date ne soit avancée, une telle solution me paraît réalisable avant cinq ans.

 

 

 

 

La suite est également assez étonnante, car si les futurologues de la société TAT (spécialiste des écrans) voient le résultat de leur vidéo refléter "une journée de travail en 2014", on y retrouve l'utilisation de toute surface plane en écran (vous ne vous regarderez plus dans le miroir comme avant...), la grande fluidité des transferts de données entre utilisateurs et l'omniprésence d'informations formatées pour chacun. L'histoire ne dit cependant pas ce qui se passe lorsque deux personnes se brossent les dents en même temps devant le même miroir...

 

 

 

 

Mais pour accéder au futur tel que nous ne l'imaginons pas encore vraiment, pourquoi ne pas se projeter encore plus loin, en 2019, à l'apogée de la génération "A", dans un univers imaginé par Microsoft? Beaucoup d'idées dans cette vidéo ou se mêlent méthodes d'éducation collaboratives et outils professionnels avancés, censés nous faciliter la vie et nous rendre plus efficaces. De la tasse de café aux surfaces de toutes nature, le monde des objets s'anime et se connecte lui-même au réseau en fonction de son usager, pour livrer les informations utiles dans le format le plus adapté, au risque de voir l'abondance des informations nécessiter un filtre personnel, pour éviter l'overdose...Mais la fin de la vidéo est apaisante, dans un environnement qui paraît parfaitement écologique et maîtrisé, avant le clin d'oeil final en hymne à l'urbanisation toute-puissante.

 

 




Quel avenir pour nous et nos familles? Quelles conséquences de l'évolution technologique et de l'accès instantané à l'information?  Ces quelques vidéos répondent à quelques unes de nos questions, dans la mesure où aucune ne donne une idée précise du futur, mais toutes contiennent certainement une part de vérité, à quelques années près, qui nous permet d'envisager le quotidien de la génération "A", avec un "A" comme réalité "Augmentée", mais aussi un "A" comme génération "Assistée" par Internet. Une vision prospective pleine d'espoirs, et qui illustre que le formidable essor actuel des réseaux de données n'en est qu'à ces prémices...


Et vingt ans après? Peut-être une génération "T", comme la première lettre de "Transports", pour faire le lien avec le précédent billet sur la voiture intelligente...



Pour aller plus loin:

http://www.ericsson.com/campaign/2020_search_application/ - un outil de prospective créé par Ericsson pour représenter outils, environnement, applications mises en place en 2020
http://www.dailymotion.com/video/xamtwx_le-haut-debit-mobile-avec-le-lte_tech - une belle vidéo de prospective d'Alcatel-Lucent sur les changements apportés par le très haut débit mobile

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6 septembre 2010 1 06 /09 /septembre /2010 09:43

Un dernier tour du propriétaire, et il faut se résoudre à quitter ce petit paradis du Golfe du Morbihan. Le père de famille soupire, jette un dernier regard au bras de mer visible depuis le jardin, et actionne la télécommande qui verrouille portes et volets de la maison. C'est le grand retour vers Paris. Cinq cents kilomètres à parcourir en famille, en un peu moins de trois heures de route...

 

Les enfants jouent au ballon à quelques mètres de la voiture. Celle-ci, de forme ovoïde et dotée d'une immense vitre circulaire, est garée en plein soleil; l'air conditionné, pré-programmé, ronronne déjà doucement dans l'habitacle. Les valises sont alignées devant le coffre. L'angoisse de tout faire rentrer n'a plus de raison d'être, car les bagages sont formatés pour occuper tout l'espace disponible. Un bras mécanique se déploie pour les disposer selon leur taille, leur poids et l'indice de fragilité que leur a assigné leur propriétaire. Deux minutes suffisent pour charger le véhicule. C'est le départ: le père, la mère et les deux enfants se placent sur leur siège. Pas de ceinture à boucler; le système électronique de conduite et de guidage rend minime le risque d'accident. 

 

 

Le père replie le volant rétractable. Il n'a pas envie de conduire pour l'instant; le pilote automatique s'en chargera. Du doigt, son épouse effleure le tableau de bord tactile et lance la recherche du meilleur trajet, selon le trafic, les conditions météorologiques et l'heure d'arrivée souhaitée. Par commande vocale elle programme une pause déjeuner dans un restaurant gastronomique aux environs du Mans. La table est ainsi automatiquement réservée à leur nom. Au même moment, l'ordinateur signale qu'il est prêt à démarrer le moteur électrique; la voiture se met doucement en mouvement et sort en douceur de la propriété privée.

 

connectedcar2Cheminant sur le réseau public, le véhicule est pris en charge par le réseau sans fil de la sécurité routière nationale. Inséré dans le trafic "voitures rapides", il ne se mélange pas aux camions ou motos (ces dernières se faisant rares, car peu confortables en cas de pilotage automatique). Il freine ou accélère suivant la densité de circulation et l'adhérence au sol. Lorsque le conducteur décide de prendre le relais, et de désactiver le pilote automatique, sa conduite reste très assistée: des indications s'affichent en continu sur le pare-brise sur la vitesse maximale autorisée (180 km/h), la file à suivre, la distance de sécurité à observer. S'il contrevient aux règles précises du Code Routier 2.0, l'ordinateur de bord reprend le contrôle du véhicule et une amende électronique sanctionne immédiatement le comportement incivique. De fait, peu de conducteurs gardent la volonté de conduire eux-mêmes.

 

Il faut dire que le système de loisirs intégré à la voiture permet de passer un moment très agréable pendant le voyage: qu'il s'agisse de télécharger et visualiser des films en 3D, écouter de la musique comme dans une salle de concert, communiquer avec ses proches ou jouer en réseau, les possibilités sont infinies. Les sièges, confortablement inclinés, sont dotés d'écrans et d'écouteurs individuels.


connectedcar1Négligeant ces loisirs, le père se connecte en visioconférence haute-définition. Il veut utiliser ce temps de voyage pour préparer une importante réunion du lendemain. Sa connexion large-bande lui permet de se relier sans mal aux applications professionnelles nécessaire à son travail. La qualité de la transmission vidéo est telle qu'il remarque les traits tirés d'un de ses proches collaborateurs, dont il note le besoin urgent de vacances. Assis derrières lui, les deux enfants jouent ensemble au dernier jeu vidéo 3D en vogue, et ne voient pas le temps passer. Leur mère les interrompt peu avant l'arrivée au Mans pour commander à distance les plats du restaurant; ainsi ils seront servis dès leur arrivée, sans devoir attendre.  

 

 

 

Après un solide déjeuner, les occupants de la voiture reprennent la route et leurs activités. Le temps passe si vite que l'arrivée prochaine dans la capitale est signalée par le curseur de localisation Galileo, sur l'écran principal de navigation. La mère commande l'allumage du système de climatisation de l'appartement parisien, et commande les courses nécessaires au dîner: elles seront livrées dans l'après-midi.

 

Le périphérique du Grand Paris est fluide, comme prévu par l'ordinateur de bord. Soudain une alarme retentit dans les écouteurs du père: une douce voix féminine prévient qu'un capteur dynamique détecté une fuite d'air dans un des pneus. Heureusement, cela n'a pas d'incidence sur la fin du trajet, mais un message est automatiquement envoyé au prestataire de maintenance qui viendra retirer le clou dans un délai de quatre heures. Le père regarde si cet incident a été remarqué par les autres passagers: il sourit à la vue de sa femme et de ses deux enfants, profondément endormis dans le silence parfait de l'habitacle hermétique.

 

Sources:

 

(1) « Intel labs vision of the future "smart car" » - Connectedsocialmedia.com - 30 juin 2010

(2) Olivier Cimelière – « Eurolab research: trois innovations prometteuses » – Blog-ericssonfrance.com – 28 mars 2010

(3) Laurent Meillaud – « Le transport intelligent va entrer dans le concret en Europe » - Voituredufutur.blogspot.com – 3 septembre 2010

(4) Deborah D. McAdams – « Auto internet predicted to make inroads » - Televisionbroadcast.com - 19 août 2010

(5) Rahul Basu – « Nokia and Clarion team up on connected car technology » - Zigwheels.com - 25 août 2010

(images): Joshua Schnell et Laurent Meillaud

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31 août 2010 2 31 /08 /août /2010 23:13

 

(Ce pastiche du fameux "Joujou du pauvre", extrait de Le Spleen de Paris, de Charles Baudelaire, veut illustrer les dangers de la fracture numérique; l'usage de la langue anglaise vient universaliser le discours)

 

digitalDivide.jpgI want to convey the idea of an innocent diversion. There are so few pastimes which are not blameworthy. When you stroll in these new artificial worlds created from the Internet, in which the rich have access to so many premium services, higher QoS and video quality, safer transactions, easier way into e-libraries and e-administration, better recruitment features,  ̶  and describe them to neglected and poor people you meet in the real world, living away from dense urban areas or simply not connected to the Network for economic reasons. You will see their eyes grow immoderately big. And if you give them a few minutes of pre-paid access to the Network, they won’t believe in their good luck. At first they won’t dare take anything. Then their hands will grab the virtual keyboard avidly, and they will run off like cats who go far away from you to eat the piece of food you gave them. They will soon fully realize how deep is the digital divide. These people have learned to distrust state-led Network roll-out and net neutrality rules. 

 

 On a road, behind the iron gate of a large garden at the end of which you could see the whiteness of an attractive mansion well linked to all kinds of fixed and wireless Networks, there was a child dressed in those new connected clothes which help to stay tuned with friends on Google Connext and keep gaming while wandering outside.

 

Luxury, freedom from care, and the habitual display of digital knowledge make those children so efficient on the Internet that you could believe them made from a different substance than the children of an unconnected or poor class.

 

Beside him on the grass lay a beautiful tablet, as beautiful as its master, 5G-enabled, equipped with holographic communication and Google's latest speech recognition. But the child was paying no attention to his favourite toy. This is what he was looking at:

 

On the other side of the iron gate, on the road, in the midst of thistles and nettles, there was another child, dirty, frail, unconnected, one of those child-waifs whose potential an impartial eye might discover if, as the eye of a connoisseur guesses the ideal painting under a body varnish, it cleaned the child of the repulsive patina of digital ignorance.

 

Through the symbolic bars separating two worlds, the main road and the mansion, the poor child was showing his own toy to the rich child who was greedily examining it as if it were a rare and strange object. Now, this toy which the small ragamuffin was cautiously leafing, was an old book! His parents, for economy’s sake doubtless, had gotten the toy from an abandoned garbage dump.

 

As the two children laughed fraternally at one another, they showed teeth of a similar whiteness.

 

Sources:

 

(1) Charles Baudelaire - « The poor boy's toy » - Le Spleen de Paris - 1862

(2)  Phil Muncaster – « ONS stats reveal hefty digital divide » – v3.co.uk – 31 août 2010

(3) Michel Briand – « Fractures numériques en France et en Europe: interview de Pierre Montagner » - @Brest - 28 Juin 2010

(4) Ucilia Wang – « Intel and Nokia's mobile dream: 3-D graphics in Smartphones » - DailyFinance.com - 23 août 2010

(5) Tom Krazit – « Google finding its voice » - CNET News - 31 août 2010

(6) Andy – « M-Dress incorporates a cellular phone » - Andy's wearable computing notebook - 19 août 2010


 

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27 août 2010 5 27 /08 /août /2010 23:35

(Fiction prospective dont l'inspiration découle de quelques débats d'actualité...)

Assis dans le hall d'entrée de l'imposant gratte-ciel de la Défense, le jeune homme blond ronge son frein. A le voir jeter des regards inquiets dans diverses directions, on devine qu'il n'est pas à son aise. Il est arrivé une demi-heure en avance; il a tout de suite décliné son identité à la cyber-hôtesse, et indiqué celle de la personne qui doit le recevoir. La machine, dont la silhouette féminine est assez réussie, lui demande son e-Num d'une voix artificiellement agréable. Il lui tend son avant-bras dans lequel est implantée sa carte d'identité numérique. L'échange de données est immédiat: elle enregistre puis vérifie la concordance des informations avec celles de ses bases. Deux secondes plus tard, un badge électronique d'accès au nom de Serge Dunant apparaît dans un réceptacle à porte vitrée.

_Veuillez attendre quelques instants, articule l'automate en tendant un doigt métallique dans la direction des fauteuils du hall. Ensuite commence l'attente interminable.

_Monsieur Dunant ?, appelle soudain une femme d'âge mûr. Serge sursaute. Il ne l'avait pas vue venir.

_Oui, c'est moi..., répond-il en tremblant.

_Je sais; suivez-moi, dit-elle sèchement, sans même lui serrer la main.

 

recrutementLes barrières d'entrée s'ouvrent comme par miracle devant eux grâce aux badges communicants. Serge devine que des scanners discrets ont déjà analysé le contenu de ses poches et de son attaché-case, rendant désormais inutile le travail des agents de sécurité. Il ignore que son visage a également été photographié, et ses empreintes digitales relevées à l'accueil sur le clavier mis à disposition pour orthographier noms et prénoms. Simple formalité, pour rechercher toutes les informations disponibles sur Internet à propos des candidats, avant un entretien d'embauche.

 

Ils arrivent enfin dans un bureau spacieux, dans lequel Serge s'installe en face de la responsable des ressources humaines. Celle-ci ne semble pas remarquer sa présence. Absorbée par les informations qui s'affichent sur une large tablette tactile qu'elle manipule avec agacement, elle paraît contrariée. 


 

_Quelle lenteur, siffle-t-elle entre ses dents, avant de lancer une communication vidéo holographique. Son interlocuteur répond immédiatement. Son corps translucide apparaît devant la DRH, aussi vrai que nature.

_Je vous écoute, Sarah, dit avec résignation le responsable des systèmes avancés. 

_David, pourquoi les informations de l'application e-RH sont-elles aussi lentement agrégées sur mon écran?, explose la DRH. Je n'ai pas le temps d'attendre une heure que vos systèmes veuillent bien fonctionner correctement!

L'homme soupire. Apparemment, le problème lui est familier. Il explique:

_Oui, c'est la connectivité...Notre fournisseur a sensiblement relevé le tarif de ses applications de ressources humaines il y a quelques jours, considérant qu'elles devenaient de plus en plus stratégiques. Vous n'avez pas donné le feu vert pour accéder à l'offre premium, ce qui explique la lenteur constatée.

_C'est du vol! N'avez vous donc aucun moyen de les mettre en concurrence avec d'autres sociétés?, répond la DRH.

_Non. Leur logiciel est de loin le meilleur. De plus, ils ont un accord exclusif avec notre opérateur de télécommunication, ce qui explique la dégradation des performances de débit. Désolé, il va sans doute falloir payer..., sourit David.

Elle grommelle:

_Un vrai monopole...bon, je verrai. Autre chose, David: j'ai devant moi un candidat dont les premiers éléments de dossier me semblent bizarres. Il s'appelle Serge Dunant. Jetez donc un coup d'oeil à l'historique de son état-civil. Elle coupe la communication sans attendre de réponse; l'hologramme de David disparaît en un instant.

 

thumbnail recrutement2

Assis à l'autre bout de la table, Serge ne dit mot; il a entendu la conversation sans comprendre grand-chose, sinon que son dossier numérique s'affiche en ce moment même sur l'écran de la DRH. Il sait que les applications de renseignement mises à dispositions des grandes entreprises qui peuvent les payer sont très puissantes. Elles utilisent les bases de données des grands noms du web, vendues à prix d'or. Les recherches par mots-clés et  les achats sur Internet, l'utilisation des réseaux sociaux, toutes les informations collectées sont analysées et interprétées pour aider le travail des recruteurs dont la principale valeur ajoutée est de vérifier la validité des résultats.


_Monsieur Dunant!, interpelle soudain la DRH. Sachez-le, notre travail est de tout savoir sur vous avant même de vous parler. Or, les machines restent imparfaites. Nous les secondons, comprenez-vous ?

_Madame, je pense que mon expérience correspond assez bien au poste d'ingénieur d'affaires ouvert dans votre entreprise, et..., commence Serge.

La DRH ne le laisse pas poursuivre:

_Je vais vous dire une bonne chose: on ne me trompe pas. Je sais d'instinct si un dossier est trafiqué, ou non. Aujourd'hui, monsieur Dunant, je pense justement me trouver devant un profil masqué, arrangé, corrigé, voyez-vous ? Il est trop propre...

_Mais, pourquoi dites-vous cela ?, bafouille Serge.

_Ne faites-pas semblant de vous étonner. Vous n'êtes pas le premier à tenter de vous blanchir. Quelle est votre motivation ? Frasques adolescentes mises en ligne ? Première expérience professionnelle désastreuse ? Prises de position extrémistes ? Famille peu recommandable ?, ricane la DRH. Je connais ces sociétés qui proposent de vous refaire une virginité numérique...cela a du vous coûter cher, pour un résultat assez mitigé...

Serge se redresse sur son siège, plante ses yeux clairs dans ceux du dragon qui lui fait face, et répond d'une voix claire:

_Vous vous trompez sur toute la ligne! Je vous assure que je n'ai rien à cacher.

La DRH rit franchement. Elle consulte sa tablette, fait glisser sa main sur l'écran lumineux, et dit:

_Nous avons installé un petit dispositif assez pratique. Voyez-vous, cet ordinateur peut interpréter certaines variations de zones d'activité de votre cerveau! Les résultats sont encore souvent difficiles à déchiffrer, mais nous pouvons déterminer avec précision si vous dites la vérité, ou non. Vos talents de comédien ne peuvent rien contre cela: la machine est formelle. Vous mentez avec une probabilité de 72.54%!

 

A ce moment précis, une sonnerie discrète retentit: une communication pour la DRH. Celle-ci regarde l'identité de l'appelant, et choisit de ne pas activer l'hologramme. Elle effleure la branche droite de ses lunettes, et l'image de David apparaît directement sur les verres. Le son est transmis à ses conduits auditifs par de petits écouteurs quasi invisibles, et l'ordinateur lit ses paroles sur ses lèvres. Serge n'entend donc rien. Elle engage la conversation:

_David, je vous écoute.

Il a l'air admiratif, comme à chaque fois que la DRH discerne des erreurs dans l'analyse des systèmes informatiques.

_Vous aviez raison! Le dénommé Serge Dunant a fait appel à la société ReNom SA pour modifier son identité, il y a un an. La déclaration administrative obligatoire a été faite à la préfecture des Hauts-de-Seine, le 3 mai 2012. Notre contact sur place a bien voulu me livrer l'information, aux conditions habituelles...

_Quelle est la raison de ce changement ?, interroge la DRH sans montrer de surprise particulière.

_Il s'appelait Abdel Zaher, français d'origine kabyle, ce qui explique ses cheveux blonds; diplômé en Commerce International; il a participé à des rassemblements étudiants en faveur de la paix au Proche-orient. Son blog a eu un certain succès, surtout quand il a commencé à exprimer des avis polémiques. Certaines vidéos dépassent la ligne jaune, selon moi. Il a été entendu par la police, puis relâché en 2011, dans la cadre d'une enquête sur les manifestations violentes qui ont eu lieu cette année-là dans Paris. Son casier est resté vierge, mais je suppose qu'il a eu du mal à retrouver un emploi, vu son e-réputation. Licencié fin 2011 de la société d'import-export dans laquelle il a travaillé deux ans...Chômeur depuis. Il est marié, un enfant...Ah, oui: il y a aussi quelques photos de jeunesse sur les réseaux sociaux, qui ne le montrent pas sous son meilleur jour...Un vrai Don Juan!

 

La DRH le remercie et coupe la communication. Relevant ses lunettes pour tenir ses cheveux, elle sourit à Serge-Abdel, et se lève pour lui signifier la fin de l'entretien:

_Merci de vous être déplacé, Monsieur Dunant; ou devrais-je dire Monsieur Zaher ?Malheureusement, votre profil ne correspond pas au poste pour lequel vous vous êtes porté candidat. Mon assistante va vous reconduire à la sortie.

Décomposé, Serge se lève. Il s'indigne:

_Vous n'avez pas le droit de fouiller dans le passé des gens! J'ai les compétences requises! Je suis très motivé! 

La DRH reste imperturbable:

_Nous devons être irréprochables dans la sélection de nos employés. D'ailleurs, je ne manquerai pas de mentionner votre petite supercherie sur la base de données "RsHare" que mes collègues et moi utilisons quotidiennement pour établir des listes de candidats, disons, non conformes à nos critères éthiques.

_Je me plaindrai à la Halde!, s'exclame Serge en sortant du bureau.

 

droit à l'oubliIl fulmine en parcourant les couloirs menant à la sortie. A son passage, les barrières s'ouvrent et une voix mélodieuse prononce "Au revoir, Monsieur Dunant!", conformément à son statut de visiteur. Chaque nouvelle salutation le fait accélérer; il court presque, le visage humide de larmes. Il est fini. Rien ne pourra effacer de son CV des agissements dont il est pourtant fier, mais dont la fougue militante le relèguent à tout jamais au rang d'agitateur, persona non grata en entreprise.

Il pense à son fils, qui héritera sans doute de cette tare numérique. A sa femme qui a également perdu son emploi à cause de lui. Quel avenir pour eux ? Il espère que les plus petites entreprises n'ont peut-être pas accès à son dossier complet. Il ne demande qu'une chose; une seule! Le droit à l'oubli...

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Sources

(1)  « L'avenir selon Eric Schmidt » – Bluewin – juillet 2010

(2) Nathalie Kosciusko-Morizet – « Le droit à l'oubli est sur la place publique » – nkm. – 16 avril 2010

(3)  Bluetouff – « Carte d'identité numérique: Eugène, sort de ce corps » – Bluetouff's blog – 14 août 2010

(4) Narvic – « Avenir d'Internet? Vous allez payer maintenant! » – Novövision – 27 août 2010

(5)  Jean-Sébastien Zanchi – « L'ordinateur d'Intel qui lit dans vos pensées » – Tom's Guide FR – 26 août 2010

(6) Rudy – « Recrutement et réseaux sociaux en image » – Be Geek – 12 août 2010

(7) Media Hacker - « [Infographie] Qui vous surveille sur Internet » - Owni - 23 août 2010

Articles postérieurs

(1) Caroline Politi - « L'Allemagne veut interdire Facebook aux recruteurs » – Express.fr – 31 août 2010

 

 

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