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1 août 2010 7 01 /08 /août /2010 20:11

arcepL'ARCEP a rendu publiques ses propositions de cahier des charges pour le lancement de la procédure d'attribution des licences pour le déploiement de réseaux mobiles à très haut débit. Si les observateurs ont légitimement salué l'efficacité du régulateur en cette période estivale, et retenu le calendrier prévisionnel ambitieux (une procédure lancée fin 2010, le dépôt des candidatures pour la bande 2,6 GHz autour de février 2011, en vue d’une attribution si possible au début du printemps, le dépôt des candidatures sur la bande 800 MHz en mars, en vue d’une attribution à la mi 2011), peu ont analysé les propositions innovantes de l'ARCEP en matière de couverture et de mutualisation des réseaux. Pourtant, celles-ci sont particulièrement intéressantes car elles marquent un tournant dans les obligations de licence.

 

antenne-copie-2L'enjeu est de taille: l'ARCEP devait imaginer une solution qui puisse à la fois satisfaire aux exigences de la loi Pintat sur l'aménagement du territoire, aux prévisions de Bercy sur le produit généré par les fréquences et aux souhaits des opérateurs pour qui la concurrence doit rester équitable. Rappelons que les fréquences mises à disposition consistent en deux bandes différentes: l'une, qui se situe vers 800 MHz, est l'objet de toutes les considérations car elle permet la couverture du territoire avec moins d'équipements, et donc moins d'investissement. L'autre, à 2.6 GHz, possède des caractéristiques de propagation moins avantageuses. De plus, seuls 2x30 MHz sont disponibles dans la bande 800 MHz, contre 2x70 MHz dans la bande 2.6 GHz. Rares et efficaces, les "fréquences en or" de la bande 800 MHz ont été allouées pour plus de trois milliards d'euros en Allemagne. En France, un prix minimum par lot devrait être déterminé par l'ARCEP qui compte aussi sur l'esprit de concurrence entre les quatre opérateurs mobiles pour faire monter les prix. Il n'y aura pas d'enchères comme outre-rhin, mais les meilleurs dossiers remporteront les meilleurs lots.

 

Comment seront notés les dossiers ? A ce stade, les précisions du régulateurs sont encore soumises à d'éventuels changements, mais les grands principes semblent bien établis spécifiquement pour les fameuses fréquences en or:

- objectifs cibles ambitieux de couverture du territoire et (ce qui est nouveau) de chaque département individuellement;

- obligation additionnelle de couverture d'une "zone de déploiement prioritaire" couvrant les trois quarts les moins denses du territoire;

- obligation de répondre à des caractéristiques de performance en débit crête représentatives du très haut débit mobile, soit 60 Mbit/s pour une largeur de fréquences de 10 MHz;

- mutualisation de réseau et mutualisation des fréquences (une première !);

 

  - accueil des MVNOs;

 

zones-de-deploiement-prio.jpgCertains de ces critères sont novateurs, pour éviter la fracture numérique béante d'un très haut débit mobile qui ne serait déployé que dans les grandes villes. Pour assurer un déploiement national homogène, la zone de déploiement prioritaire, moins dense, pourrait devoir être couverte à 50% déjà après quatre ou cinq ans, ce qui demandera des investissements importants aux opérateurs concernés. Pour rendre tolérables ces investissements, l'ARCEP envisage la mutualisation de certains réseaux sur cette zone, et pourrait également encourager la formation de consortiums qui mettraient en commun leurs fréquences pour des performances optimales (proportionnelles à la largeur de la canalisation spectrale) à un coût fortement réduit. Cette solution innovante sonne le glas, en tout cas sur une partie du territoire, de la concurrence par les infrastructures, et pourrait réduire fortement la taille du marché français des équipements très haut débit mobiles. Mais la taille de la bande (2x30 MHz) ne donne pas vraiment le choix.

 

En effet le régulateur veut en même temps garantir la possibilité que chacun des quatre opérateurs mobiles puisse obtenir une partie de ces fréquences en or, et garantir au client final que les canaux utilisés puisse être assez larges pour permettre des performances optimales en débit. Découper 30 MHz en lots de 5, 10, 15 ou 20 MHz donne un certain nombre de combinaisons.

canalisations-THD.jpg

Seul un minimum de 10 MHz permet des performances vraiment meilleures que la 3G: un canal de 5 MHz tout seul est donc peu intéressant, à moins de lui adjoindre les 5 ou 10 MHz de l'opérateur voisin. Cela promet des négociations intéressantes entre opérateurs qui ont appris, bon an mal an, à se mettre d'accord sur des sujets comme le partage de réseau 3G ou...la mutualisation des réseaux de fibre optique!


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11 juin 2010 5 11 /06 /juin /2010 16:24

india_mobile.jpgHasard du calendrier ? Ironie de l'histoire ? Alors que le régulateur français se flattait mercredi de parvenir à lancer les enchères des fréquences 4G avant l'été 2011, pour une disponibilité du spectre qui s'échelonne jusqu'en 2014, l'Inde annonce aujourd'hui avoir finalisé l'allocation de fréquences 4G pour plus de 5.5 milliards de dollars, après avoir récolté 11 milliards pour les fréquences 3G il y a trois semaines. Une réussite pour un marché qui passe en peu de temps de l'âge de pierre de la 2G à l'un des premiers pays à pouvoir ouvrir un service commercial de quatrième génération, au même titre que la Suède, l'Allemagne ou la Norvège.


infotel.jpgCertains industriels font d'ailleurs le pari de sauter l'étape de la 3G: Mukesh Ambani, tout puissant PDG de Reliance Industries, dont le frère et rival Anil avait hérité de la branche télécommunications du groupe il y a cinq ans, vient de racheter pour 1 milliard de dollars l'opérateur Infotel qui bénéficie d'une licence 4G nationale. L'objectif est clair: faire de l'Inde un des tout premiers pays en termes d'infrastructures mobiles, catalyseur indispensable à une croissance déjà élevée. Il n'est pas le seul à faire de telles projections: Qualcomm, mieux connu en tant que premier fournisseur mondial de puces pour les technologies mobiles, a lui-même investi 1 milliard de dollars pour acheter des licences 4G dans quatre régions indiennes, dont la capitale Delhi, et le coeur économique Bombay. L'objectif de l'industriel américain, dont la réussite a été bâtie sur la norme CDMA dont l'Inde est le deuxième marché mondial, est d'accélérer la progression de la technologie TD-LTE dans ce pays, quitte à forcer le destin et à déployer lui-même un réseau, pour faire croître les synergies entre CDMA et LTE et bénéficier de retombées lucratives dans la ventes de puces bi-modes.


 

 

 

 

Frères ennemis, ruée vers l'or des fréquences, l'Inde est devenu un véritable eldorado des télécommunications; des réseaux 3G et 4G sont maintenant à construire. Tout le gratin des équipementiers se pressent pour obtenir une part du gigantesque gâteau de plusieurs dizaines de milliards de dollars. Dans le même temps, l'Inde multiplie les demandes obligatoires de transfert de technologie, oblige les sociétés étrangères à recruter localement et va jusqu'à interdire aux sociétés chinoises (dont Huawei et ZTE) de vendre leurs solutions pour des raisons de sécurité nationale.

 

C'est un véritable roman industriel qui s'écrit dans ce pays, dont la conclusion pourrait bien être que l'Inde dépassera l'Europe en nombre d'abonnés 4G avant 2012. C'est en tout cas le pari de Qualcomm, invité surprise dans ce marché tourbillonnant, vitrine d'une modernisation à marche forcée que devraient méditer les dirigeants européens en mal de stratégie de Lisbonne.


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9 juin 2010 3 09 /06 /juin /2010 15:39

spectre.jpgPatrimoine de l'Etat, ressource rare, les fréquences utilisées par les opérateurs de télécommunications font souvent parler d'elles. Enjeu stratégique pour l'industrie, variable budgétaire pour les gouvernements, le spectre radioélectrique est objet de convoitises diverses et variées suivant l'intérêt particulier des bandes mises sur le marché. La mise sur le marché des premières licences 2G de téléphonie mobile est déjà loin. Mais les dernières porteuses 3G viennent tout juste d'être attribuées à Free, Orange et SFR, que déjà s'annoncent les enchères pour la 4G dont les fréquences seront "attribuées au plus tard d'ici l'été 2011", selon les propos de Jean-Luc Silicani, entendus aujourd'hui à l'occasion de la présentation du rapport annuel de l'ARCEP.


france-numerique-2012.jpgLa procédure a pris du retard. Dans les propositions du plan de développement de l'économie numérique réalisé par Eric Besson fin 2008 (France Numérique 2012), l'action numéro 7 préconisait de lancer les enchères "avant la fin de l'année 2009" pour ne pas prendre de retard sur d'autres pays européens. Mais le calendrier était serré: il fallait d'abord sélectionner le quatrième opérateur 3G (la polémique sur le prix de la licence a fait perdre plusieurs mois), puis attribuer le reliquat des fréquences 3G. Par ailleurs, la 4G vient s'insérer dans un plan plus large de mise en place du très haut débit en France: elle peut permettre une économie substantielle en se substituant (temporairement ou non) à la fibre optique dans les zones les moins denses. Outre cet enjeu d'aménagement du territoire, le spectre nécessaire au fonctionnement de la 4G est également important, car l'une de ses composantes est le fameux "dividende numérique", 72 MHz de bande située relativement bas par-rapport aux autres fréquences utilisées pour les télécommunications; or cette situation basse permet des économies importantes dans la construction du réseau mobile, car ces fréquences permettent de couvrir davantage de territoire avec moins de sites, d'où leur appellation de "fréquences en or".

 

Des fréquences stratégiques, que les opérateurs sont donc prêts à payer très cher. D'ailleurs, les précédents aux Etats-Unis et, plus récemment, en Allemagne permettent d'estimer le montant des fonds que l'Etat français pourrait recevoir. La bande des 700 MHz américaine a été vendue aux opérateurs en moyenne 52 M€/MHz, les fréquences du dividende numérique allemand ont été attribuées pour 42 M€/MHz. On peut raisonnablement penser que les opérateurs français pourraient débourser une somme comparable pour cette bande, soit entre 2.5 et 3 milliards d'euros. Ce montant ne prend pas en compte les recettes, probablement plus modestes, provenant de l'autre bande de fréquence 4G qui sera attribuée (2.6 GHz). Au total, cette somme viendra à point nommé pour donner un peu de flexibilité budgétaire au gouvernement en ces temps de rigueur, et de discussions sur le financement des retraites.

 

parlement.jpgEn effet, il revient au Gouvernement de proposer au Parlement d'allouer le produit des enchères 4G à un poste budgétaire donné. Or cette question n'a pas encore été tranchée en France, ou alors très discrètement. Les lois de finances précédentes ont jusqu'à présent toujours attribué le produit des enchères 3G au "fonds de réserve des retraites", dont les trente milliards devraient contribuer au financement du régime par répartition à partir de 2020. Aux Etats-Unis, le produits des enchères a servi à la création d'un fonds pour faciliter le passage à la TNT et réaliser un réseau mobile pour les services d'urgence. En Allemagne, priorité a été donnée à la réduction du déficit budgétaire 2010. Quel choix pour la France ? Le spectre 4G sera-t-il lui aussi mis à contribution pour les retraites de nos enfants ? Sera-t-il utilisé pour la baisse du déficit en 2011, alors que la valeur prévisionnelle pour 2010 est de 152 milliards, contre 70 en Allemagne ? Une autre possibilité serait d'utiliser ces fonds pour le financement du très haut débit en zone peu dense, en renforcement des 2 milliards prévus dans le grand emprunt, pour un investissement productif de long-terme.

 

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28 mars 2010 7 28 /03 /mars /2010 22:03
La question de la meilleure technologie à utiliser pour le très haut débit mobile agite en ce moment les Etats-Unis, où pas moins de trois opérateurs majeurs, Verizon, AT&T et MetroPCS se sont déterminés à lancer le standard LTE, et où Clearwire défend encore le standard concurrent Wimax. Depuis que la FCC, le régulateur américain du secteur des télécommunications, harbinger.jpgs'est prononcé en faveur d'une modernisation rapide des infrastructures mobiles américaines, d'autres acteurs prennent position; un groupe de capital investissement, Harbinger Capital Partners, a ainsi annoncé son intention de créer un réseau LTE national dont l'ouverture serait prévue pour fin 2011 à Denver et Phoenix, et le réseau totalement opérationnel sur l'ensemble du territoire en 2015.
 
Le plus étonnant dans cette affaire n'est pas de voir un opérateur de plus couvrir le pays, bien que cela soit déjà un sérieux défi, mais bien de voir que les fréquences de l'industrie du satellite tombent dans l'escarcelle de projets plus "terre-à-terre". Si Harbinger possède en effet l'opérateur SkyTerra de communications par satellite -- et détient à ce titre 23 MHz de spectre dont l'usage a récemment été étendu aux technologies mobiles terrestre par la FCC -- le groupe financier souhaite valoriser ce spectre par la mis en place d'un réseau LTE de 36.000 antennes-relais, soit un investissement de plusieurs milliards de dollars. L'idée n'est pas de vendre des services en direct aux abonnés américains, mais d'être un marchand de débit et de capacité auquel pourront s'adresser toutes sortes d'opérateurs; mais attention, la FCC refuse que Verizon et AT&T puisse acheter à eux deux plus de 25% du traffic total fourni par Harbinger/SkyTerra. L'objectif est bien d'augmenter la concurrence et de favoriser les acteurs plus modestes.
 
satellite.jpgPourquoi délaisser le satellite au profit d'une infrastructure purement terrestre ? Harbinger évoque les meilleures performances et les économies d'échelle du LTE, le coût important des lancements de satellites et le plus faible volume de terminaux, au design souvent peu avenant. Cela dit, pour LTE, il faut du spectre...On pourrait s'inquiéter de la qualité de celui de SkyTerra, finalement assez réduit (23 MHz, LTE fonctionnant au mieux sur des canaux de 2 x 20MHz), et non continu, en plusieurs tranches; mais un accord avec Immarsat est en préparation pour ajouter 30 MHz supplémentaires au projet dès 2013. D'autres partenaires seraient également intéressés.
 
Dans ce contexte, les discussions françaises autour du satellite MEGASAT, qui serait construit par Eutelsat, Astrium et Thales en co-opération avec le CNES, et dont la moitié de l'investissement pourrait être financé par le grand emprunt, laissent un peu perplexes. Ne faudrait-il pas penser plutôt à élargir le spectre dévolu au LTE dans les fréquences inférieures à 2 GHz, pour favoriser la création d'une offre de gros compétitive, pour une couverture rurale de qualité ? La question mérite d'être posée.
 
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26 mars 2010 5 26 /03 /mars /2010 09:22
Il est rare de pouvoir prédire le succès d'une nouvelle technologie. Combien d'experts se sont-ils livrés à ce périlleux exercice, avec des résultats inégaux...Or, LTE (Long Term Evolution), une norme candidate pour la quatrième génération de téléphonie mobile, est en passe de devenir un succès majeur avant même sa généralisation dans les réseaux. Comment l'expliquer ?

LTE-copie-1Tout d'abord, contrairement aux cycles précédents, peu de normes sont capables aujourd'hui de prétendre améliorer les réseaux 3G existants. La bataille ne s'effectue plus qu'entre les normes WIMAX et LTE, après l'abandon du projet UMB, soutenu par Qualcomm, qui devait prolonger la vie des réseaux CDMA, notamment en Amérique du Nord. Ce duel entre deux technologies cousines (elles utilisent par exemple toutes les deux le même procédé de codage de signaux numériques, l'OFDM) tourne aujourd'hui nettement à l'avantage du LTE, soutenu par un large ecosystème d'opérateurs et d'équipementiers. Côté WIMAX, certains projets comme Clearwire aux Etats-Unis continuent d'alimenter l'actualité, Evo4Gne serait-ce que par la présence active de deux poids lourds de l'industrie, Intel et Google. Mais certains signes indiquent l'inquiétude du clan WIMAX: au dernier salon CTIA, le Président de Clearwire, Bill Morrow, a plaidé pour une fusion entre les deux technologies mobiles, bien qu'HTC viennent d'annoncer le premier smartphone WIMAX, appelé EVO 4G. En France, les opérateurs disposant de licences WIMAX sont très loin d'avoir respecté les engagements de leur licence, comme le constatait l'ARCEP l'an dernier. 

Pourquoi le LTE est-il aujourd'hui aussi populaire ? Quelles évolutions peut-on attendre de cette technologie ? les premiers réseaux qui la mettent en oeuvre révèlent des performances intéressantes. TeliaSonera
annonce aujourd'hui que des débits moyens de 32 Mb/s sont atteints en téléchargement, à Oslo, certes dans un réseau peu chargé, mais dans des conditions réelles de mesure. De la même façon des débits de plusieurs Mb/s sont observés sur le lien montant, de l'utilisateur au réseau, ce qui rendra le partage de photos ou de vidéos beaucoup plus aisé qu'aujourd'hui. Enfin, le LTE améliore aussi notablement la latence, que l'on peut définir comme le temps de réponse des applications au travers de l'ensemble des couches du réseau. Ces performances nous permettront enfin de bénéficier des services de l'internet mobile avec une expérience utilisateur satisfaisante, comparable à celle d'une ligne ADSL haut débit. C'est en cela que le LTE constitue une première véritable révolution.

Reste l'implémentation. Nous avions déjà évoqué le calendrier de mise en place en France dans un
article précédent. Les enjeux sont importants, car le LTE est une technologie hertzienne prometteuse, susceptible d'intervenir avantageusement dans le programme national de couverture de la population en très haut débit, avec un objectif d'aménagement du territoire. L'ARCEP travaille sur les conditions d'accès aux fréquences du dividende numérique, ces 72 MHz de spectre qui permettront peut-être à un ou deux acteurs de prendre des engagements de performance et de couverture susceptibles d'accélérer l'accès des populations rurales au très haut débit, en échange, pourquoi pas, d'une forme de soutien public.
 
La seconde révolution du LTE sera celle des usages. De la même façon que la fibre optique va changer notre utilisation d'internet et nos habitudes grâce à l'e-administration, l'e-santé, et à de nombreuses formes de travail collaboratif à distance, le LTE va probablement initier de nombreux changements dans notre rapport au terminal portable, qu'il soit une tablette, un ultra-portable ou un ensemble de capteurs nous faisant entrer si nécessaire dans une réalité enrichie d'informations utiles, augmentée.

L'
enquête de Google sur le moteur de recherche du futur avançait des idées futuristes, comme la capacité de fournir automatiquement des informations sur les choses touchées ou vues, ou de comprendre des requêtes mentales, en situation de mobilité. Avec le LTE je suis convaincu que nous verrons apparaître des services qui, à moyen terme, rendront ces projections de Google tout à fait envisageables.



 
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17 mars 2010 3 17 /03 /mars /2010 23:35
antenne-copie-2.jpgA l'occasion de la sortie d'une étude Exane/Arthur D. Little, une polémique a vu le jour à propos des investissements des opérateurs: ceux-ci seraient en croissance assez modérée alors même que de nombreux observateurs prévoyaient une hausse importante due à l'explosion du trafic de données sur les réseaux mobiles. L'étude affirme ainsi que "les opérateurs européens devraient être capables de s'en sortir avec des investissements qui représenteront 12 % du chiffre d'affaires en 2015, contre 10 % aujourd'hui". 

Il est vrai que les opérateurs peuvent accélérer ou retarder assez aisément leurs investissements, ceux-ci servant notamment de variable d'ajustement en cas de crise économique, sans que les usagers ne ressentent immédiatement de baisse de qualité; France Telecom a ainsi économisé un milliard d'euros entre 2008 et 2009 en ne consacrant plus que 11.5% (et non plus 13.4%) des revenus aux investissements. Mais cette baisse n'est pas seulement due au gel provisoire de certains déploiements (comme la fibre optique): elle illustre aussi la pression concurrentielle subie par les grands équipementiers de réseaux obligés de réduire significativement leurs prix et leurs marges pour garder des parts de marché.
 
La concurrence s'est intensifiée à l'arrivée de nouveaux acteurs chinois, Huawei et ZTE, dont les offres commerciales très attractives ont su séduire de nombreux opérateurs européens. Mais à quel prix ? Le mouvement de consolidation du secteur, la faillite de Nortel, les difficultés financières d'Alcatel-Lucent, Nokia-Siemens et Motorola (dont la marge opérationnelle est à peine positive, seul Ericsson tire encore son épingle du jeu) ne peuvent être entièrement imputable à la concurrence asiatique; cependant celle-ci y joue un rôle non négligeable. Huawei a ainsi connu une croissance de chiffre d'affaire de 43% en 2008, puis "seulement" 17.5% en 2009 quand celui d'Alcatel-Lucent baissait de 10%. 
 
L'érosion des prix des infrastructures de télécommunications, explique donc aussi en partie l'impact modéré de l'augmentation du trafic sur les réseaux. Mais les chantiers de la fibre optique et du LTE, et la vente de coûteuses licences 3G et 4G, pourraient avoir un impact non négligeable sur le plan d'investissement des opérateurs dans les années à venir. 

 
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12 mars 2010 5 12 /03 /mars /2010 16:07
Alors que la Suède a ouvert le premier réseau LTE commercial au monde et que plusieurs autres pays (Norvège, Etats-Unis, Japon) s'apprêtent à faire de même, la France en est encore à distribuer des licences 3G. Une de celles-ci a été accordée à Free mobile qui doit encore construire son réseau, et deux autres licences viennent d'être mises sur le marché par l'ARCEP. Dans ce contexte, on peut légitimement s'interroger sur le calendrier de déploiement de la 4G dans notre pays. Pourquoi ce retard apparent par-rapport à nos voisins du nord de l'Europe ?

LTE-copie-1.jpgUn premier aspect important est la disponibilité des fréquences sur lesquelles les opérateurs vont déployer le LTE en Europe:

- La bande 2.6 GHz, utilisée en Suède et en Norvège, est encore utilisée en France par les gendarmes; ceux-ci se sont engagés à libérer le spectre progressivement, de 2010 à 2014, région après région, ce qui ne facilite pas la mise en place des infrastructures de télécommunications 4G qui prendront le relais. Ces fréquences devraient être davantage utilisée en zones urbaines et sub-urbaines pour augmenter les performances et la capacités des réseaux mobiles.

- La bande 800 MHz, dite du dividende numérique, sera elle-même libérée au fur et à mesure du passage des régions à la Télévision Numérique Terrestre, pour une libération complète et une affectation aux services mobile au 1er Décembre 2011. Ce spectre est particulièrement recherché car il permet de couvrir le territoire national avec moins de sites. On parle de "fréquences en or".

Ainsi il est vraisemblable que la France ne disposera pas de réseau commercial LTE avant 2012 au plus tôt, sans tenir compte d'éventuels retards dans le passage des régions les plus densément peuplées à la TNT, à quelques mois des élections présidentielles.

LTE2.jpgNéanmoins c'est cette année que l'ARCEP a prévu de lancer l'appel d'offre pour allouer ces fréquences aux opérateurs français. A la suite de la consultation publique dont la
synthèse a été publiée mi-Janvier, l'ARCEP doit maintenant mettre au point le cahier des charges d'attribution. Les enjeux sont considérables, car les infrastructures mobiles contribueront à la disponibilité du très haut débit dans les zones peu denses et permettront une économie de plusieurs milliards d'euros par-rapport à une couverture complète en accès fixe. 


 

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